9
56 ARC HI TECTURE F R ANÇOISE, L i v. V.
Eglise des par ìes escaliers A , qui communiquent, auíïì-bien que ceux B , à d’autres tribu--lorawït. nes qui règnent au pourtour de la nef, Sc qui font de plain pied à celle desMusiciens. Ces tribunes placées au-dessiis des chapelles - font comprises dans lahauteur d’un Ordre de pilastres Corinthiens de trois pieds de diamètre, & soute-nues par un plus petit Ordre couronné d’une balustrade. Nous observerons queces tribunes règnent dans la croisée de la nef, de maniéré que cette croisée nes’apperçoit du bas de l’Eglife qu’au-deíïiis de ces tribunes. (Voyez la coupé de cémonument dans le petit Œuvre de Marot, in-quarto, Planche 84. )
La corniche de i’entabiement du grand Ordre est fans cimaise supérieure, Scest enrichie de modillons dont les galbes & les ornemens font d’un bon goût dedeíïèin, quoique d’une forme un peu simple pour la richeíîe des chapiteaux Co-rinthiens , qui font composés de feuilles de persil d’une aíîèz médiocre exécu-tion. Entre chaque modiilon font des cassettes ornées de roses dans le goût desmodillons. Les balustrades du petit Ordre font bien profilées Sc analogues à la ri-cheíle de l’Ordre qui les foûtient ; les moulures de la corniche Sc de l’architrave dupetit Ordre ont peu de faillie, étant aíîujetties au relies des pilastres du grand Or-dre : deforte que pour leur donner un caractère plus expressif, on en a incliné endevant les plattebandes, les larmiers, Scc. à l’imitation de la plûpart des profilsdes Anciens. On ne devroit néanmoins user de cet expédient que dans le cas d’unenécessité indispensable Sc absolue, telle que dans des rotondes, dont les corni-ches font continues Sc fans ressaut, autrement les angles aigus que produisent cesinclinaisons, forment toujours un effet désagréable. Au reste on peut regarder lesprofils de l’inté rieur dc cette Eglise comme dessinés de main de maître. Au-des-sus de ce grand entablement s’éléve une voûte cn plein ceintre, exhaussée íur une.eípece de piédestal, peut-être un peu trop élévé ; mais comme l’Eglife est étroi-te , ia faillie de l’entablement masque une assez grande partie de ce piédestal.Cette voûte est chargée d’arcs doubleaux, entre lesquels les croisées forment deslunettes qui font un assez bon effet ; d’ailleurs l’appareil de ce monument est bienentendu , la construction solide , Sc les ornemens distribués avec choix Sc avecdiscrétion. Enfin cet édifice peut être cité parmi ceux qu’on doit fe proposer pourmodelés , Sc fera dans tous les tems honneur à l’Architecture Françoise. On amarqué dans ce plan par des lignes ponctuées la direction des arcs doubleaux, laforme des lunettes Sc la voûte d’arreste du milieu de la croisée, autour de laquel-le continue l’entablement au-destus des tribunes, Sc que l’on s’est contenté d’expri-ïner ici par indication. . .
Les corridors ou couloirs dont nous avons parlé dégagent des Sacristies dansles déhors par les portes C , deforte que fans entrer dans l’Eglise , on peut com-muniquer dans l’intérieur de la maison. Il feroit à souhaiter néanmoins que cescouloirs sussent un peu xilus larges Sc mieux éclairés.
La rotonde, appellée le chœur des Prêtres, est d’une dimension heureuse, d’unaordonnance régulière Sc décorée de pilastres accouplés, du même Ordre Sc dumême diamètre que ceux qui portent les tribunes. Depuis qu’on a élévé un Maître-Autel dans le rond-point, on y a placé les stalles & revêtu les arcades de me-nuiserie. Il s’en faut bien que la sculpture, la forme des stalles, Sc les nouveauxlambris répondent à la perfection de l’Architecture de cette coupole ; tant il est- vrai que qui fçait bien l’art de construire, ne doit pas risquer de donner des des-seins de décoration. Cette partie de l’Art demande un génie Sc un goût au-deíïùsde l’ordinaìre. Le nouveau Maître-Autel en baldaquin est à la vérité d’une com-position moins médiocre , quoique d’une forme fort ordinaire ; il est orné dequatre colonnes de marbre de rance, les bases Sc les chapiteaux en font dorés, ain-si que tout f amortissement. E)eux Anges en adoration Sc un Christ, assez mal liés
avec