Maisonde M.Rouillé.
ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
CHAPITRE XI.
Description de la Maison de M. Rouillé , Ministre & Secrétaire ctEtatde la Marine, rue des Poulies , quartier S. Honoré.
N OUS ignorons en quel tems cette maison fut bâtie dans sot 1 origine ; Ce qu*est certain, c’est qu 5 elle; fut restaurée Sc augmentée considérablement, vers1732, fur les desseins de M. Blondel (a) , Architecte du Roi. Comme le niveaudu terrain sur lequel elle est bâtie, est inégal, le premier étage se trouve, à cinqpieds près, de plain pied avec le rez-de-chaussée du jardin, ainsi que nous le re-marquerons dans son lieu.
Plan au rez-de-chaujsée. Planche Première.
Les augmentations faites en' 173 1 font ce qusil y a de plus intéressant dans céplan ; elles consistent en un grand escalier, son vestibule , une salle à manger, desécuries , des remises, une basse cour , Sc dans quelques restaurations tendant à procu-rer des commodités pour le service des domestiques. I/escalier est doux, commode,spacieux, bien éclairé , décoré avec goût, Sc la rampe de fer d’un dessein très-élé-gant ; ensin cet escalier répond à la magnificence des appartemens du premier étage.
Plan du premier étage. Planche II.
Les appartemens du coté du jardin font distribués avec beaucoup de simétrie 8c
de Commodité , ioules loa ciiíiladca y íuiiv ubíci vécs avcC íbìli^ te qui
contribue à leur donner un air de grandeur Sc de régularité qui est toujours désira-ble dans la distribution d’un plan. Nous observerons aussi que la hauteur des plan-chers est bien en rapport avec le diamètre des pieces, Sc que toute la décorationintérieure de cet appartement est traitée avec beaucoup d’intelligence. On trou-vera dans le septieme Volume la plus grande partie de ces décorations intérieures.
Les appartemens distribués fur les ailes du côté de la cour Sc sur le principalcorps de logis du côté de la rue s font áussi décorés avec goût. La bibliothèquecntr’autres, est une piece intéressante par son plafond, la menuiserie, Sc la sculp-ture dont elle est décorée. Les ornemens qui la composent ne se ressentent pointde la frivolité d’à présent, qui n’a guere pris faveur que depuis que ce bâtiment estélévé , Sc qui devroit être bannie pour toûjours , principalement lorsqu’il s’agit dela décoration des appartemens destinés aux personnes qui, par leur emploi Sc leurdignité, semblent exiger une ordonnance grave Sc régulière.
Le jardin, peu considérable par son étendue, peut passer néanmoins pour un desplus agréables qu on voye à Paris dans nos maisons particulières. Un treillage cir-culaire orné de pilastres, accompagné de vases Sc de tilleuls de Hollande , formeune décoration très-ingénieuse dans la plus grande partie de ce jardin. Au fondest une piece d’eau (b) , fur la tablette de laquelle est une statue d’Apollon exé-cutée par M. Le Moine , Sculpteur très-célébre. Plusieurs bosquets artistement dis-tribués , un grand parterre ( c ) de broderie mêlée de gazon, un autre parterre de fleurs
(a) Voyez ce que nous avons dit de cet Architecte , T. Planche ; mais comme cette piece est accessoire , on n 7 »II. pag. 114. Not. a. pas jugé à propos de le donner comme il est aujourd’hui,
(b) Le réservoir de cette piece d’eau est marquée A étant composé de gazons, de ratissée, de mignardise &près de la bassecour des écuries. Planche II. _ autres fleurs qui font fort en usage à présent & préférables
(c) Ce parterre n’est plus tel qu’il sç voit dans cette à la broderie dont on deffinoit anciennement les parterres.
4 procurent