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__ ARCHITECTURE FRANÇOISE,Liv. V. 75
un lambris enrichi de Sculpture , dont les principaux ornemens font dorés. Cettemenuiserie renferme des tableaux peints par M rs . Vanloo , Natoire L Boucher. Dansles trumeaux de cette piece font distribuées des tables de marbre d'un pian chan-tourné qui soutiennent des médailliers de menuiserie dorée, dans lesquels fontarrangées Sc distribuées dans des tiroirs les différentes fuites des médailles d’or ,d'argent^â de bronze , qui composent cette riche collection.
Les portes H doivent donner entrée au cabinet des globes, iorfqu'ils feront en étatd’être rendus publics. Celle I donne fur un second grand escalier marqué O, dontnous avons parlé, pour le dégagement de la Bibliothèque, mais dont la commu-nication n’est libre , fans doute , que lorsque quelque personne de la premiere con-sidération vient visiter ce vaste édifice, Sc qu'on ne veut pas lui donner la peine deretourner par í’eícalier A. Cet escalier O esta fiez bien éclairé, doux, commodeSc terminé avantageusement dans fa partie supérieure par une belle corniche or-née de Sculpture, Sc par une calotte en voûte surbaissée.
La gallerie marquée K, de 23 toises deux pieds fur trois toises quatre pieds, estdestinée aux manuscrits ; on Rappelle communément Gallerie Mazanne , parce qu’el-1 e saifoit anciennement partie de i’Hôtei Mazarin, étant placée au-deilus de cel-le dont nous avons parlé, en décrivant le plan du rez-de-chaussée de la Bourse.Cette gallerie est éclairée par huit croisées en voussure , lesquelles font ornées decoquilles dorées. En face de chaque croisée est une niche aussi ornée de coquil-les , & dont la surface est peinte de passages par Grimaldi Bolognese , mais qui fontmasqués aujourd’hui par les corps de tablettes qui reçoivent les manuscrits. Le pla-fond de cette gallerie est de la plus grande beauté ; il suc peine à fresque, vers ï6<j r ,par Romanelli , qui y a représénté divers sujets de la fable , avec un goût de desseinexquis Sc une vigueur peu commune. Ces sujets coloriés font distribués dansdifférons compartimens très-bien entendus, mêlés de médaillons ornés de camayeux& soutenus par des figures Sc des ornemens feints de stuc, d’une beauté, d’uneentente Sc d’une vérité qui n’ont de rivales que le plafond du Château de Vincen-nes, que Ton prétend même avoir été peint par Romanelli. En un mot on ne peut trop
auspices , M. Vaillant parcourut plusieurs fois Pïtalte ù"la Grece , & en rapporta une infinité de médailles singu-lières. On réunit plusieurs cabinets à celui du Roi : Ù"des Particuliers , par un sacrifice dont. des curieux seulspeuvent connaître Vétendue , consacrèrent volontairementdans ce dépôt ce qu ils avoienl de plus prétieux en cegenre. Ces recherches ont été continuées dans la fuiteavec le même zele & le même succès. Le cabinet duRoi a reçu des accroissement successifs , & l’on pour-rait dire à présent qu'il es au-dessus de tous ceux qu onconnaît en Europe , s'il ne jouissait depuis long-tems a'uneréputation f bieh méritée.
Cette immense colleâion efl divisée en deux classes prin-cipales : r Antique, & la Moderne. La premiere comprendplufieurssuites particulières , celle des Rois , celle desVilles Grecques , celle des familles Romaines , celle desEmpereurs quelques-unes de ces suites Je subdivisenten d’autres idativement à la grandeur des médailles &au métal. C’ejl ains que des médailles des Empereurs ,on a forme deux fuites de médaillons de médaillésen or ; deux autres de médaillons & de médailles en ar-gent ; une cinquième de médaillons en bronze ; unefixit >-me de médailles de grand bronze ; une septìeme de cel-les de moyen bronze ; une huitième enfin de médaillésde petit bronze. La moderne efi diftribuee en trois classes,Vune contient les médailles frappées dans les differensEtats de VEurope , l’autre les monnayes qui ont coursdans presque tous les pays du monde, Ù“ la troisièmeles jetions. Chacune de ces suites - soit dans le moder-
ne , soit .dans Cantique , efl par le nombre , la conserva-tion & la rareté des pieces qu elle contient , digne déla magnificence du Roi & de la curiosité des Amateurs.
Au-dejsus du cabinet des médailles, on trouve celuides Antiques. C’efl-là qu’on voit le tombeau de ChilderìùPremier, Roi de France, découvert à Tournai, U an 1 6 ,
& deux grands bouchers d’argent deflinés a être Juspendus dans des temples. Le premier, du poids de q 2marcs , fut trouvé en lóçó dans ' le Rhône , & représen-te l’aâìon mémorable de la continence du jeune Sci-pion. Le second, qui pese un marc de plus , fut décou-vert en 1714 fus terre dans le Dauphine , & l’oncroit avec beaucoup de probabilité qii’ii appartenait àAnnìbal ■: le cabinet des Antiques renferme encore untrès-grand nombre défigurés , de bufles , de vases, d’inj-trumens des sacrifices , de marbres charges d’inscriptions ,& enfin tous les monumens de cette efpece qu on a pu. rafsembler avec choix & avec goût.
M. le Comte de Caylus vient tout récemment d’enri-ehir ce cabinet de nombre d’antiquités Egyptiennes ,Etrusques , Grecques & Romaines en bronze , q u’il avoirrassemblées avec beaucoup de foin , & dont il a donneau public un recueil contenant 26 planches, lans les vi-gnettes & les culs de lampes. Ce recueil est accompagnéde dissertations & de notes d’un stile clair, développé &plein d’une très-píofonde érudition. Nous n’entrepren-drons point l’éloge de cet illustre amateur, ses lumières,son amour pour les Arts & pour le bien public, étant au»dessus de tout ee que nous pourrions dire ici,
Bibliotï’ê»que dullciì