__ ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V. 77
fcar il est aisé de remarquer par les murs dé face de la coupe B du côté de la cour,que le rez-de-chaussée ayant la proportion d un soubassement - il ne devoir pas com-prendre dans ía hauteur un Ordre Ionique, qui comparé avec l’Ordre de dessus §ne pouvoir avoir avec lui aucune analogie»
La forme des croisées du premier étage , ornées dé bandeaux St accompagnéesde larges piédroits, présente une Architecture vicieuse» Ces piédroits disputent délargeur avec les pilastres, St les formes en plein ceintre doivent être destinées auxportes St non aux croisées. D’aiileurs il faut préférer en général auX ouverturesen plein ceintre les impostes , les chambranles, ou les bandeaux» On peut encoreremarquer que la proportion ide ces croisées est trop svelte, le iode , ou la retrai-te , qui soutient i’Ordre Composé étant trop peu élévé. Cette retraite, qui doitavoir une hauteur d’appuí dans tous les cas, auroit nourri ì’ordonnance de cet éta-ge , racourci l’Ordre que nous avons trouvé trop élévé, St procuré une meilleureproportion aux ouvertures de cet étage. Le rez-de-chaussée de cet avant-corps,pris séparément, est mieux entendu, à l’exception des piédroits > qui font beau-coup trop larges comparés au diamètre des pilastres Ioniques»
Les arcades des arrieres-corps de ce rez-de-chaussée , accompagnées de petitspiédroits postiches, ne font pas non plus un bon effet. Le peu d’ouverture de cesarcades, séparées par des trumeaux immenses, compose une Architecture pésan-té , qui ne va point avec la petitesse des Ordres de i’avant-corps, Les croisées ditpremier étage des arrieres-corps font dune aíïèz belle proportion; mais leurs tru-meaux semblables à ceux de dessous rendent f élégance de ces croisées chetive.D’ailleurs il feroit à souhaiter que dans toute ordonnance on s’éloignât de la pré-vention des frontons, partout où ils ne paraissent pas nécessaires. La frise de l’en-tablement qui couronne cette façade est ornée de consoles qui soutiennent la cor-niche. Cet ornement St les profils de ce couronnement font dune assez belle exé-cution St analogues à la composition du chapiteau, qui n étant assujetti à aucunOrdre régulier, demandoit un entablement peu févére. D’ailleurs cet entablementétoit anciennement exécuté, St il étoit dune forte de nécessité de s’y assujettir danstout le pourtour de ce bâtiment.
On voit dans les coupes B, C, l’intérieur des deux ailes en retour de ce vasteédifice. Dans ces ailes font comprises, au premier étage, les galleries, dans léssquelles est placée la Bibliothèque. La gallerie de la coupe B est plafonnée en cein-tre surbaissé. En 1720 , lorfqu’on plaça la Banque dans cet Hôtel, Pellegrini , Pein-tre Vénitien, qui avoit beaucoup travaillé en Italie , en Allemagne , St en Anglesterre , fut chargé de représenter dans ce plafond, par divers tableaux allégoriques »les différons succès de cette Banque A de la Compagnie des Indes ; mais cet ou-vrage ne fut que commencé. Comme dans la fuite cette gallerie fut destinée à unautre usage, St quelle n’avoit que huit croisées -, on fut obligé de l’aggrandir ,alors on blanchit îe tout, St les Peintures allégoriques furent effacées.
La gallerie de la coupe C est terminée par un plafond horizontal > ainsi quôtoutes les autres pieces de ce premier étage. On a exprimé ici dans ces deuxcoupes la décoration que forment les tablettes qui reçoivent les livrés , le bal-*;con dont nous avons parlé , St les consoles qui lé soutiennent ; quoique écri-te décoration soit aíïèz bien entendue, elle ne nous a pas paru néanmoins exi-ger un dessein plus en grand. A propos de ces galleries destinées à contenirdes livres, je rappellerai ce que j’ai dit ailleurs touchant la manière d’éclâirerQi) ces fortes de pieces, car , il me semble qssune pareille gallerie ne devroit re-cevoir le jour que par en haut, dans le goût des deux cabinets qui fe voyentau Pa.~
ÍJí) Voyez ce que nous avons dit à ce sujet dansl’Introductioh , Tome I» pag» J5 » 37 ?& c *ì
Terne III* Yj
Bibliothè-que duRoi.