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3 (1754) La description des principaux Edifices des Quartiers Saint Denis, Montmartre, du Palais Royal & Saint Honoré
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Maison deM. de Se-uoxan.

82 ARCHITECTURE FRANÇOISE, L i v. V.

La Figure III. indique la coupé du corps-de-Iogís fur la rue , marquée A, Télé—vatioh de l’áîle en retout fur la cour, marquée B, & énfin ìa coupe du principalcórps-de-lògis entre cour Sc jardin, marquée C. La décoration intérieure de cecorps-de-íògis a été toute changée, c’est de la nouvelle dont nous avons fait f élo-ge, avec doutant plus de raison, quelle tient un juste milieu entre lapéíànteur desmembres qu’on affectoit aiix lambris du siecle paísé, Sc la trop grande légèreté deCeux quì font en usage aujourd’hui

Elévation & Profils en grand de la Porte d*entrée. Planches IÏI Sc ÎV.

L’extérieur du bâtiment dont nous venons de parler, est décoré avec beaucoupde sagesse , les proportions des croisées font belles, Sc les profils excellons, enfin onyreconnoît partout la main d’un grand maître ; aussi François Manfard peut-il êtreregardé comme le plus habile Architecte que la France ait possédé. Il est aisé déremarquer cette pureté Sc cette sévérité qui accompagnoient toutes les productionsde cet homme illustre, dans les Planches III Sc IV , dans lesquelles on voit engrand l’élévation de la porte du côté de la rue avec les développemens particu-liers. Peu d 5 Artistes à la vérité font frappés de ce genre de perfection z n’étantpoint dans Phabitude d’approuver les formes naïves, ils regardent même pour laplupart avec une forte d’indifférence ce beau simple & ce repos si ingénieusementmis en œuvre par nos grands Architectes, Sc paroiíîènt peu touchés en général decette correction qui fixe notre raison , satisfait notre intelligence, Sc nous inspireune vénération raisonnable Sc réfléchie pour tout ce qui porte le caractère du beau

Quon y prenne garde : on cherche peut-être un peu trop aujourd’hui Pesset gé-nérai d’un bâtiment dans des dissonances Sc dans des ornemens mal entendus de-forte que ce qui s’éloigne le plus de la vraisemblance, nous paroît le plus agréa-ble. On envisage comme un effort de génie, une variété infinie dans les for-mes Sc une frivolité passagère qu’on appelle un beau désordre. Sans doute no-tre vanité ne trouve pas son compte à avouer le beau, parce qu’ii est simple Scnaturel. On préféré le difficile, le singulier, ^extraordinaire : on prétend par làfe donner un air de Scavant. Quel abus ! L’Architecture n’est-elle pas de tous lesArts le moins susceptible de variété ? La solidité des bâtimens, dont le propreest d’être durables, ne doit-eile pas présenter dans son ordonnance des beautésconstantes Sc immuables ? C’est donc la source du vrai beau qu’on doit chercherSc il faut fe ressouvenir que les bâtimens anciens ne fe font acquis l’immortalitéque parce qu’on y a reconnu des beautés universelles, qui feront estimées danstous les âges par les personnes d’un vrai mérite Sc qui fç auront fe préserver detoute prévention.