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ARCHITECTURE FRANÇOISE,Liv. V.
Louais* arriere-corps qui en ont chacun une. Ces avant-corps, auffi-bien queJes pans >Grwd. comparés avec le diamètre de la Place, font trop petits ; Tailleurs les pans cou-pés font un effet désagréable, Sc devroient toujours être exclus des grands édi-fices , ou du moins Faudroit-il les faire précéder de corps qui formassent desangles droits ; autrement les angles obtus rentrans rendent camus les profilsdes entablemens Sc des corniches , ce qui ôte à l’Architecture ce caractère fier,toujours désirable , Sc que les plus grands Maîtres ont affecté dans leurs édi-fices.
Au milieu de cette façade s’éleve un grand corps d’Architecture qui fait unassez bel effet. Il comprend cinq ouvertures, une de chaque côté en arriere-corpsSc trois en avant-corps. Celui-ci est couronné d’un fronton de même grandeurque ceux des pans coupés. Il est orné de colonnes engagées, Sc elles auroientdû être isolées : i°. parce qu on n’étoit pas gêné par i’efpace du lieu ; 2°. parcequ’elies font un meilleur effet, Sc que c’est le propre dune colonne d’être telle ;3°. parce que si quelque considération particulière ne permet pas d’ifoler lescolonnes , les pilastres, assez universellement reçus dans l’Architecture, doivent entenir lieu. Un défaut Tailleurs qui Test pas pardonnable dans la décoration dontnous parlons, est d’avoir introduit des colonnes jumelles, qui par leur pénétra-tion Sc celle de leur chapiteau, présentent une idée monstrueuse, ce qu il fauttoujours éviter, malgré l’exemple que nous en avons dans la cour du Vieux Lou-vre , Sc dont nous parlerons dans son lieu.
Les combles qui couronnent ces bâtimens, Sc les lucarnes qui en éclairent l’in-térieur, font dans le même genre, Sc produisent le mème défaut que nous avonsremarqué en parlant de la Place des Victoires, Cjiapitre VIII de ce Volume,page 37 , avec cette différence cependant , qu ici il n’y a point de cheneaux , Scque les lucarnes sortent de l’égoût fait d’ardoifes, qui pasie dessous, ce qui estd’autant plus condamnable, que l’entablement Corinthien divisé de moulures Scorné de modillons, fembloit exiger pour amortissement un socle de pierre, oudu moins un cheneau de plomb.
Deux étages font auffî compris dans la hauteur de POrdre , comme à la placedes Victoires. Les croisées, les corniches Sc les ornemens ( d ) font à peu près lesmêmes. C’est pourquoi nous renvoyons aux observations que nous avons faites ci-devant à l’occasion de cette Place.
Au milieu de la Place donc nous donnons la description, est la statue éques-tre de Louis le Grand. Cette statue a 21 pieds de haut, elle a été faite par Fran-çois Girardon , (e) célébré Sculpteur, Sc fondue d’un seul jet le premier Decem-bre 1 692 , fous la conduite de Jean Balthazar Keller , Suisse de Nation, Sc fort ex-périmenté dans les ouvrages de fonte (/).
(J) Ces ornemens ont été éxécutés & conduits parJean-Baptifle Poultter, Sculpteur, de l’Académie Royale,mort en 1715?.
(e) François Girardon , Sculpteur , naquit à Troyesen Champagne , en 1627. Après avoir appris les pre-miers élémens de son Art de Laurent Magnier & de Fran-çois Anguier , il fut envoyé en Italie, par ordre de S. M.avec une pension de mille écus pour s’y perfectionner dansla Sculpture. A son retour il fut extrêmement occupé parles ouvrages que le Roi faisoit faire alors pour l’embellisse-ment de ses Palais. Après la mort de M. Le Brun, arrivéeen 1 69 o , Louis XIV , qui faisoit un cas particulier destalens de ce grand homme , le nomma Inspecteur généralde tousses ouvrages de Sculpture, & il n’y eut que le cé-lébré Puget, qui ne voulant point dépendre de lui, se retira
à Marseille. En 169 y,il sut choisi pour remplir la place deChancelier de l’Académie Royale de Peinture & de Scul-pture, vacante par la décès de M. Mignard. Ses ouvragesqui font en très-grand nombre,font admirables surtout pouxla beauté de Pordonnance & la correction du dessein. Pours’en convaincre , il suffit d’en citer deux , sçavoir le ma-gnifique mausolée du Cardinal de Richelieu , érigé dansl’Eglise du College de Sorbonne, dont il est parlé dans leII. Volume de cet Ouvrage, pagç 77 , &la Statue éques-tre élévée dans la Place de Louis le Grand , dont il est ac-tuellement question dans ce Chapitre. Girardon mourut àParis, en 1717 , âgé de 88 ans.
(/) Voyez dans les Œuvres de M. Boffrand, impri-més en 174.2, la description des opérations de ce célébréOuvrage.
Cette