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3 (1754) La description des principaux Edifices des Quartiers Saint Denis, Montmartre, du Palais Royal & Saint Honoré
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V,

CHAPITRE X XIII

Description de deux Maisons , situás rue des Capucines , près la Placede Louis le Grand , ìune appartenant à M. Des Vieux , FermierGénéral» tautre à M* de Casanier , Dìreïïeur de la Compagnie desIndes.

MAISON DE M. DES VIEUX.

E T T E Maison, ainsi que celle de M. de Caflanier , Fut bâtie vers Tan Vj26 , «kTvfiïj fur les desseins de M. Tannevot (a) , Architecte du Roi, desorte qu'on a ai-secte les mêmes décorations dans les dehors du côte du jardin de ces deux mai-sons. Celle dont nous parlons , est occupée aujourd'hui par Madame Des Vieuxveuve du Fermier Général de ce nom , qui Ta fait bâtir*

Plan au rez-de-chauffée. Flanche Premiere.

Les bâtimens marqués íur ce plan font simples: le principal corps-de-logìs est entrécour Sc jardin, & contient un appartement à coucher, accompagné de toutes lescommodités qui lui conviennent. La cour est très-peu spacieuse ; mais la nécessité depratiquer des pieces un peu vastes dans un terrain sort borné, n’a pû permettrede la faire plus grande. D’ailleurs il faut considérer que nous parlons Ici d'unemaison particulière , Sc qisen pareil cas on ne doit pas , comme quelques-uns l’oriçfait, donner tout aux déhors , Sc rendre les dedans si peu commodes , que tout lebâtiment semble ne consister que dans des murs de face. Les pans coupés qu'onremarque dans cette cour, font autant de ressources pour éclairer dune part les es-caliers , de l'autre les dégagemens nécessaires pour le service des appartemens.

Nous observerons cependant, en général, qu’il n’en faut pas faire un trop fréquentusage , qu'ils réussissent mal dans un grand édifice, & quTls forment de trop pe-tites parties dans une maison peu considérable. D'ailleurs ces ouvertures dans san-gle d'un escalier Téclaîrent imparfaitement, & rendent les palliers obscurs , à moinsque la cage de cet escalier ne soit circulaire & ses rampes en face des croisées.

Le pan coupé du côté du jardin n’est pas plus tolérable pour les déhors ; mais la salleà manger qu’il éclaire étant aussi à pans, une feule croisée semble lui siiffire. Anreste il faut convenir que la nécessité de tirer parti d'une infinité de commoditésdans une maison de peu d’étendue, porte souvent un Architecte habile à bazarderdes licences qu'ii ne se permettroit pas dans toute autre occasion, Sc si nous re-levons celles qui se remarquent ici, c’est pour donner à connoître qu’on ne doitpas les employer indistinctement, lorsqu'on n’y est pas forcé par les mêmes con-sidérations.

(a) M. Tannevor, Architecte du Roi, & de la pre-mière classe de son Académie , est un de nos Architec-tes qui a poussé le plus loin Fart de la distribution. Nousavons de -cet habile homme une grande quantité demaisons particulières bâties avec beaucoup de goût ., &qui réunissent toutes les commodités possibles. La déco-ration intérieure lui doit auffi beaucoup. Son amour pour■le travail, íbn zele infatigable , & son activité peuvent

servir d’exeníple à nos jeunes Architectes, & leur don-ner de l’émulation. Ils apprendront en le suivant dans sesdifférentes opérations , combien il est essentiel que le chefdu bâtiment suive de près les entrepreneurs dans leurstravaux , prenne foin du détail, & se rende compte desplus petites parties pour se distinguer avec honneur dansla profession d’Architecte, & s’attirer le suffrage des Con-noisseurs.

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