ARCHITECTURE FRA N ÇOiSE, Li v. V. î2 p
i’accoupiement du pilastre avec ia colonne qu’on volt ici ; cette derniere étant en-gagée , Sc autorisant par là le retour de i’éntablement, qui annonçant un corpsséparé, devoit être absolument composé de deux pilastres ou de deux colonnes ,mais plutôt de deux pilastres dans ce frontispice, parce que par *là on auroit laidedominer l’avant-corps , Sc l’on auroit évité le restaut de l’entablement des extré-mités de ce Portail. Il s’eníuivroit peut-être de cette observation qu’on auroit dûsupprimer les colonnes placées à chaque côté de i’avant-cotps ; mais comme ellesrègnent dans toute la hauteur de l’édifice , Sc qu’elles fervent à nourrir cette par-tie dominante du Portail, qui fans elle seroit devenu trop haut pour sa largeur,il convenoit de les y laiíser, mais de soustraire feulement celles des angles, mal-gré la simétrie qu’elles procurent aux portes collatérales, qui par ce moyen fontaccompagnées de chaque côté par une colonne. Cependant comme ces pilastresproposés dans les angles forment, pour ainsi dire, des corps séparés, pour éviterces retours d’entablement Sc l’accouplement d’une colonne avec un pilastre - iiauroit été préférable qu’ils eussent formé un arriere-corps , qui auroit procuré plusde repos à toute cette ordonnance ; trop de mouvement» dans l’Architecture n’étantpas en général du ressort d’un frontispice du genre de celui dont nous parlons.
Nous finirons en observant qu’à propos de ce mouvement, il eut été áuísi plusconvenable de supprimer le renfoncement du milieu de l’entablement Dorique ;une platebande sans renfoncement eût été plus siere Sc plus conforme à la virili-té de i’Ordre , Sc auroit empêché ^étranglement que forment les deux retours defa corniche. D’aiileurs par ce moyen cet arriere-corps n’auroit pas monté de fondjufqu’au-dessous des cimaises angulaires du fronton , qui par là paroi t trop étroit,Sc qui auroit réussi beaucoup mieux s’ii eut seulement pris naiilànce fur l’enta-blement Dorique , n’approuvant les restants que dans l’entablement Corinthien ,parce qu’ils lui appartiennent comme à un Ordre délicat, ou dans un Ordre Compo-site que nous avons désiré plus haut que l’on substituât au Corinthien.
Nous ne donnons point, dans ce Chapitre les élévations des Portails collatérauxde cette Eglise. Il n’y a guéres que celui du côté de ia rue neuve 8. Roch quimérite quelque attention, celui du côté du clocher, presque enclavé dans les maisonsparticulières qui font près de cette Eglise, est très-peu de chose , Sc n’est pasmême fini. Un grand íoubaílcment couronné d’un plinthe , forme tout le rez-de-chaussée de ce frontispice. Au-dessus s’éléve un Ordre de pilastres Corinthiens ,dont les chapiteaux ne font pas encore sculptés. Cet Ordre est couronné d’un en-tablement d’un profil assez médiocre ; au-dessus est un chéneau de plomb , Lc.
A l’égard de celui du côté de ia rue neuve 8. Roch, ii est composé de deuxOrdres d’Architecture, l’un Dorique, i’autre Ionique. Les chapiteaux de celui- -ci font d’une composition plus singulière- que belle Sc imitent trop la me-nuiserie. Au-dessus régné une corniche architravée d’un assez beau profil Sc cou-ronnée d’un fronton triangulaire ; i’Ordre Dorique est distribué avec beaucoupd’exactitude , aussi a-t’on évité les accouplemens. D’aiileurs fa corniche est fans mu-tuies , ni denticules, Sc est profilée très-camus. La frise est néanmoins enrichie detrigiifes Sc de métopes bien simétriques. Enfin cet Ordre , quoique peu íevére,n’est pas fans mérite, Sc nous n’hésiterons pas d avancer qu’à certains égards, il nousparoît préférable, malgré fa simplicité, à toute ia richeste du frontispice principal decette Eglise,
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Tome III.