t$6 ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
CHAPITRE XXXII
Description de VHôtel dEvreux, rue du Fauxlourg S. Honoré.
Hôtel
d’£yreux.
E T Hôtel fut bâti en 1718 , íhr les desseins Sc fous la conduite de Mvj Mollet, Architecte Sc Controlleur des bâtimens du Roi pour Henri -
Louis de la Tour d’Auvergne, Comte d’Lvreux. Après fa mort, arrivée en 17^2,cet Hôtel fut acheté par Madame la Marquise de Pompadour , qui y fait faire ac-tuellement quelques changemens fur les desseins de M. de Lajsurance , 9 ArchitecteSc Controlleur des bâtimens du Roi sb).
Plan àu rez-de-chaussée. Planche Premierè;
Le plan de cet Hôtel est peut-être un des mieux disposés Sc des plus réguliersque nous ayons décrit jusqu’à présent dans ce Recueil. Une grande Sc magnifiquecour sc) de 18 toises de largeur fur 27 de profondeur annonce un principal corps-de-logis double de 26 toises Sc demi de face, composé d’un rez-de-chauíîee ,d’un premier étage Sc d’une mansarde. Aux deux côtés de cette cour principalefont distribuées íùr fa longueur deux bastè-cours pour le département des écuriesSc des cuisines Sc une troisième fur la rue, à droite , pour les remises. Cette der-niere cour dégage dans les dehors ; commodité que nous avons désirée plus d’unefois dans les bâtimens précédens, Sc dont on peut ici reconnoître tous les avan-tages. On se propose néanmoins de faire des augmentations considérables dans cesbaíîe-cours , telles que d’éléver de nouvelles écuries pour environ 5° chevaux ; demultiplier les remises , csaggrandir le s cuisines Sc de pratiquer enfin quelque loge-ment plus considérable pour les Officiers <3c les Domestiques de cet Hôtel. Nous ve-nons de remarquer que le principal corps-de-logís étoit double fur fa profondeur ,nous observerons ici qu’il est isolé entre cour Sc jardin, de maniéré que ses faces laté-rales ont vue fur ce dernier. Ce jardin est vaste -, bien entretenu , Sc l’on y jouit duípectacle agréable des Champs Elisées qui semblent lui servir dépare. Sa longueurest actuellement de 92 toises, à compter du mur de face du bâtiment; mais ondoit le prolonger d’environ 20 toises pour gagner les premiers arbres des ChampsElisées, Sc l’on a intention d’y pratiquer une grande ailée de traverse en face del’alignement AR. Au moyen de ce nouveau percé, du principal corps-de-logis onpourra découvrir non-seulernent la riviere, mais encore les bâtimens qui font deí’autre côté.
On se propose aussi d’acquérîr, attenant le mus de clôture CD , un maraispour faire un potager , à l’extrémité duquel fera une issue , afin que des ChampsElisées on puistè avoir une entrée dans les jardins de cet Hôtel.
A gauche du principal corps-de-logis est pratiqué un jardin particulier pourdes fleurs, donnant entrée à un bosquet avec portiques Sc treillages, mêlé de ver-dure , Sc qui contient une voiiere, une grotte avec nappes d’eau , Scc. Au pied
(a) Le même qui a bâti l’Hôtel d’Humieres , -le Châ-teau de Stain , &c.
-(.ô) Voyez ce que nous avons dit de cet Architecte dansle premier Volume, page 232. note a.
-(c) A l’exception de celle de l’Hôtel de Soubise qui ade largeur 22 toises fur 30 de profondeur, on ne voitpoint à Paris d’Hôtel qui soit précédé d’une aussi bellecour. Les Hôtels de Toulouse , de Louvois , de .Mati-gnon., de Nouilles, de Lambert. &c. tous grands &
vastes en bâtimens, ont des cours fort inférieures à celledont parlons, & qui paroît d’autant plus spacieuse ici ,que ses murs collatéraux font peu élévés , n’ayant au-cun bâtiment qui leur soit adossé. Ce peu d’élévation desmurs, en épargnant une dépense assez considérable , pro-cure au principal corps-de-logis un air salubre qui esttoujours désirable dans un édifice élevé dans la Ca-pitale*
du
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