CklteauX o uvre.
**• ARCHITECTURE F R A N Ç OI SE, Liv. VI.
da sertations Tune certaine étendue, dans ie dessein de multiplier les connoissances duBeau , & de faire éviter aux personnes de la profession les licences ou les abus quipeuvent se rencontrer dans le Bâtiment dont nous allons parler.
On doit donc s’attendre dans cette description à nous trouver pénétrés d’admi-ration pour tout ce qui fe rencontrera de louable dans la composition de ce mo-nument, mais en même-tems assez sincères pour y relever fans partialité tous les-défauts contraires â la sévérité des régies de F Art. Sans doute il nous auroit étéplus agréable de nette pas obligés de relever certaines licences, mais nous serionsmoins utiles. D*ailleurs, quoiqu il sagisse ici d un Palais très-coníldérable , érigé parles plus habiles Maîtres du dernier siécle, nous croyons devoir suivre le mêmestyle que nous avons observé dans les descriptions des monumens qui font Fobjetdes volumes précédens ; cette maniéré d'écrire nous ayant paru assez généralementapprouvée jufqua présent.
Nous demandons donc à nos Lecteurs la même indulgence pour les observa-tions qui feront répandues dans la description de nos Maisons Royales, protestant queF esprit de critique n’y aura aucune part, & que si nous y relevons quelque erreur, ôcqu il paroisse au contraire qu’il nous échappe quelques-unes des beautés qu’elles con-tiennent , c’est que nous ne pouvons tout épuiser dans un seul édifice, étant obligésde conserver une sorte d’intérêt póur la description de chacun en particulier. Noussentons bien qu’il fera peut-être difficile de nous justifier d’une conduite qui nousa paru si nécessaire dans un Ouvrage de l’importance de celui-ci , principalementchez la plupart des personnes peu accoutumées à un travail opiniâtre : ils fe déter-mineront lans doute avec peine à la recherche des préceptes dispersés dans unRecueil' aussi considérable. Nous concevons auffi que plusieurs Architectes fe révol-teront contre la plus grande partie des principes qui font la base de nos disserta-tions , parce que ne voulant point fe soumettre aux régies de l’Art, ils se hérissentà la moindre contrainte , traitant de système tout ce qui n a pas , disent-ils , étéapprouvé ou suivi par leurs compatriotes, fans s’appercevoir cependant que la plusgrande partie de ceux de nos prédécesseurs qui ont mérité le plus d estime dans Fartde bâtir , fe la font ordinairement acquise, parce que dans leurs productions, ils ontsuivi les opinions des Anciens, &ne s’ensont écartés que rarement & par la nécessitédes circonstances. Auffi n avons nous ici d’autre objet en vue que de nous rendreFinterprête de ces grands Architectes, moins à la vérité pour nous donner unair de sçavant, que pour être de quelque secours à ceux qui par amour pour notre-profession , ou dans le dessein d’en faire leur capital, ont besoin de principes constans;qui leur en indiquent la route, & leur fassent remarquer les défauts qui; íè ren-contrent dans plusieurs de nos Edifices, soit par inadvertance ou autrement.