Buch 
4 (1756) La Description du Louvre & du Palais des Tuileries, celle du Château, Parc & Jardin de Versailles
Entstehung
JPEG-Download
 

ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv.. ri

salles de bal, de comédie, de festins ; enfin pour les salles des bains, les jeux de châreM à

7 . * ' ' Louvre.

V paume, &c.

« Quoiqu il ny ait qu environ le tiers de ce Palais qui soit bâti, & que le grand« escalier G, la cour octogone B, ou sont les grands appartemens de cérémonie,

»> & k grande chapelle M qui doit s elever au milieu de ce superbe Palais, soient des pieces qui íhrpasseroient de beaucoup ce qui est j a fait ; on peut dire néan-» moins quil ne se voit rien dans le monde qui égale la grandeur & la majesté des» bâtimens qui font achevés ( r ).

» Les bâtimens qui environnent la grande cour quarrée du Louvre ont quatre-» vingt-dix toiles de face hors œuvre , de chaque côté, fur dix, douze , & quatorzej» toiles de profondeur.

3. La face principale du côté de Saint Germain lAuxerrois ( s ) est composée d'un

3> grand avant-corps au milieu, de deux aîles, & de deux pavillons auxextrémités..

» Le soubassement a trente pieds de haut ; au dessus de ces aîles font les deuxpéristi-33 les, ayant chacun 14 colonnes- ces colonnes font Corinthiennes & isolées. {t).

-, Les plafonds de ces péristiles font construits de pierres toutes plates entre les,3 architraves, qui comme des poutres de pierre passent des colonnes aux pilastres ;

33 ouvrage dont la hardiesse n'a pas d exemple , ni dans lArchitecture ancienne , ni33 dans la moderne (n).

3, Le destus de ces portiques est couvert de grandes pierres en terrasses. Pour33 aller dune terraílè à lautre , on passe íùr le fronton de favant-corps du milieu,

« couvert de marches , la cimaise supérieure de la corniche de ce fronton est dune3> feule pierre de chaque côté, dont chacune a cinquante-deux pieds de long, huit33 de large, & 18 pouces dépaisseur (*) : au haut de favant-corps du milieu, il y a33 un grand réservoir 011 les eaux du Ciel samassent & se déchargent quand le-3 > servoir est plein, dans un espèce de puits pratiqué dans l'épaisseur du mur, par le3, moyen d'un gros tuyau de plomb affermi par des barres de fer qui forment com-3» me un escalier (y ) pour visiter & réparer le tuyau quand il en est besoin. Les

( r ) Ceft encore Charles Perrault qui parle, & à quicet entousiasme est dautant plus permis, que non feule-ment il se connoiíToit bien en Architecture, mais quilíçavoit mieux que tout autre apprécier les talens deClaude Perrault ion, frere.

(s) Voyez la planche VII de ce chapitre.

(r) Nous avons été obligés de laisser quelques lacunesdans la description de Perrault , 8c de faire quelqueschangemens dans le texte que nous avons trouvé obscuren certains endroits , ne se rapportant pas dailleurs avecla plupart des mesures que nous avons prises exactementfur les lieux avant que dentreprendre la description quenous en donnons.

(u ) 11 est certain que ceúx qui nont qu une idée im-parfaite de ce monument, ont de la peine à se persuadercette magie de FArt. En Italie même, ceux qui ne con-noissent que les estampes de ce péristile, regardent cettecomposition comme un beau projet, plus propre à fairele fond de la décoration dun tableau, que le frontispicedun Palais propre à lhabitation. Cest le langage quetinrent auffi les ennemis de Perrault en France, lorsquilprésenta ses desseins à M. Colbert 8 c à Louis XIV . Ilsont pourtant été exécutés avec un très-grand succès, 8 cce monument, malgré la négligence avec laquelle il estentretenu, sest soutenu sans aucune rupture depuis quila ete élevé jusquà présent.

(*) Voyez dans Vitruve (édition de 1(384, P* 34 °-)la description & les machines qui furent faites pour mon-ter ces pierres qui pesoient chacune environ quatre-vingtmilliers, & qui avoient été tirées dune carrière situéefur la montagne de Meudon , à deux lieues de Paris. II

paroît par la note 4 de Perrault dans Vitruve, p. 339,que ce ne font pas celles de son invention qui ont servi,quoique dans la même planche de ces machines il y aitinféré la sienne. ( Voyez la description quil en donnep. 34^ )- .

(y ) Effectivement on a fait dans les vuides, que Per-rault nomme puits , des escaliers à noyau, dans lesquelsse dégagent les eaux du réservoir, ainsi quon la pratiquédepuis aux escaliers de la nouvelle Eglise des Invalides.( Voyez la planche VI du chap. 1" du premier vol.) Leseaux qui passent par ces escaliers se déchargent dans unaqueduc qui les porte dans la riviere.

Charles Perrault appuie beaucoup fur la nécessité defaire usage de ces sortes de descentes, 8c nous avertitque cest à propos du bâtiment dont nous parlons quel-les ont été mises en œuvre pour la premiere fois, 8cquelles font absolument de linvention de Claude Per-rault son frere, qui depuis sest servi de ce moyen pourécouler les eaux de la terrasse de lObservatoire , quil fitbâtir en 1667. 11 est certain quelles sont dun bien meil-leur usage que les goutieres ; F eau de ceí dernieres étantrepoussée par les vents fur les façades, & incommodantconsidérablement fur la voie publique. A légard des des-centes de plomb ou de cuivre , dont on fait usage à laplace des goutieres, elles font sujettes à sengorger , &déparent dailleurs la décoration extérieure des bâtimens ,en coupant les principaux membres saillans de son archi-tecture , ainsi quon le remarque aux Tuileries , auChâteau de Maisons, &c. II est vrai que cette descentene peut se mettre en pratiqué que dans de grands bâti-mens , les épaisseurs des murs font considérables,