ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. Ví. ri
„ salles de bal, de comédie, de festins ; enfin pour les salles des bains, les jeux de châreM à
7 . * ' ' Louvre.
V paume, &c.
« Quoiqu il n’y ait qu environ le tiers de ce Palais qui soit bâti, & que le grand« escalier G, la cour octogone B, ou sont les grands appartemens de cérémonie,
»> & k grande chapelle M qui doit s elever au milieu de ce superbe Palais, soient„ des pieces qui íhrpasseroient de beaucoup ce qui est dé j a fait ; on peut dire néan-» moins qu’il ne se voit rien dans le monde qui égale la grandeur & la majesté des» bâtimens qui font achevés ( r ).
» Les bâtimens qui environnent la grande cour quarrée du Louvre ont quatre-» vingt-dix toiles de face hors œuvre , de chaque côté, fur dix, douze , & quatorzej» toiles de profondeur.
3. La face principale du côté de Saint Germain l’Auxerrois ( s ) est composée d'un
3> grand avant-corps au milieu, de deux aîles, & de deux pavillons auxextrémités..
» Le soubassement a trente pieds de haut ; au dessus de ces aîles font les deuxpéristi-33 les, ayant chacun 14 colonnes- ces colonnes font Corinthiennes & isolées. {t).
-, Les plafonds de ces péristiles font construits de pierres toutes plates entre les,3 architraves, qui comme des poutres de pierre passent des colonnes aux pilastres ;
33 ouvrage dont la hardiesse n'a pas d exemple , ni dans l’Architecture ancienne , ni33 dans la moderne (n).
3, Le destus de ces portiques est couvert de grandes pierres en terrasses. Pour33 aller dune terraílè à l’autre , on passe íùr le fronton de favant-corps du milieu,
« couvert de marches , la cimaise supérieure de la corniche de ce fronton est d’une3> feule pierre de chaque côté, dont chacune a cinquante-deux pieds de long, huit33 de large, & 18 pouces d’épaisseur (*) : au haut de favant-corps du milieu, il y a33 un grand réservoir 011 les eaux du Ciel s’amassent & se déchargent quand le ré-3 > servoir est plein, dans un espèce de puits pratiqué dans l'épaisseur du mur, par le3, moyen d'un gros tuyau de plomb affermi par des barres de fer qui forment com-3» me un escalier (y ) pour visiter & réparer le tuyau quand il en est besoin. Les
( r ) C’eft encore Charles Perrault qui parle, & à quicet entousiasme est d’autant plus permis, que non feule-ment il se connoiíToit bien en Architecture, mais qu’ilíçavoit mieux que tout autre apprécier les talens deClaude Perrault ion, frere.
(s) Voyez la planche VII de ce chapitre.
(r) Nous avons été obligés de laisser quelques lacunesdans la description de Perrault , 8c de faire quelqueschangemens dans le texte que nous avons trouvé obscur ■en certains endroits , ne se rapportant pas d’ailleurs avecla plupart des mesures que nous avons prises exactementfur les lieux avant que d’entreprendre la description quenous en donnons.
(u ) 11 est certain que ceúx qui n’ont qu une idée im-parfaite de ce monument, ont de la peine à se persuadercette magie de FArt. En Italie même, ceux qui ne con-noissent que les estampes de ce péristile, regardent cettecomposition comme un beau projet, plus propre à fairele fond de la décoration d’un tableau, que le frontispiced’un Palais propre à l’habitation. C’est le langage quetinrent auffi les ennemis de Perrault en France, lorsqu’ilprésenta ses desseins à M. Colbert 8 c à Louis XIV . Ilsont pourtant été exécutés avec un très-grand succès, 8 cce monument, malgré la négligence avec laquelle il est■entretenu, s’est soutenu sans aucune rupture depuis qu’ila ete élevé jusqu’à présent.
(*) Voyez dans Vitruve (édition de 1(384, P* 34 °-)la description & les machines qui furent faites pour mon-ter ces pierres qui pesoient chacune environ quatre-vingtmilliers, & qui avoient été tirées d’une carrière situéefur la montagne de Meudon , à deux lieues de Paris. II
paroît par la note 4 de Perrault dans Vitruve, p. 339,que ce ne font pas celles de son invention qui ont servi,quoique dans la même planche de ces machines il y aitinféré la sienne. ( Voyez la description qu’il en donnep. 34^ )- .
(y ) Effectivement on a fait dans les vuides, que Per-rault nomme puits , des escaliers à noyau, dans lesquelsse dégagent les eaux du réservoir, ainsi qu’on l’a pratiquédepuis aux escaliers de la nouvelle Eglise des Invalides.( Voyez la planche VI du chap. 1" du premier vol.) Leseaux qui passent par ces escaliers se déchargent dans unaqueduc qui les porte dans la riviere.
Charles Perrault appuie beaucoup fur la nécessité defaire usage de ces sortes de descentes, 8c nous avertitque c’est à propos du bâtiment dont nous parlons quel-les ont été mises en œuvre pour la premiere fois, 8cqu’elles font absolument de l’invention de Claude Per-rault son frere, qui depuis s’est servi de ce moyen pourécouler les eaux de la terrasse de l’Observatoire , qu’il fitbâtir en 1667. 11 est certain qu’elles sont d’un bien meil-leur usage que les goutieres ; F eau de ceí dernieres étantrepoussée par les vents fur les façades, & incommodantconsidérablement fur la voie publique. A l’égard des des-centes de plomb ou de cuivre , dont on fait usage à laplace des goutieres, elles font sujettes à s’engorger , &déparent d’ailleurs la décoration extérieure des bâtimens ,en coupant les principaux membres saillans de son archi-tecture , ainsi qu’on le remarque aux Tuileries , auChâteau de Maisons, &c. II est vrai que cette descentene peut se mettre en pratiqué que dans de grands bâti-mens , où les épaisseurs des murs font considérables,