Louvxe.
i6 ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liy. VL
châteiu du semble annoncer des élévations d une composition plus conforme que toute autreà la magnificence d une Maiíon Royale.
Après avoir remarqué ce qui constitue les beautés de ce plan, nous observeronsque les §purs F, sont trop petites Sc trop irrégulieres , étant principalement desti-nées à donner du jour aux appartemens du principal corps de logis; il íèmblemême que la grande cour A, auroit dû flanquer les bâtimens du mur de face B,moyen qui auroit aggrandi l’un des côtés de ces cours, Sc donné plus d’air aux ap-partemens ; il auroit même été possible d’avancer le mur de face C, dans la grandeplace H, qui par son immensité, sert à rendre la disposition des bâtimens du Lou-vre resserrés & privés d’air fans aucune néceííìté ; puisqu il y auroit eu lieu de crain-dre que cette place, quia 206 toises de longueur sor 135 de largeur, n’eût rendutrop petits les bâtimens qui l’environnent. Il faut pourtant convenir que cetteidée de conserver cette place H, fans aucune division, est aussi majestueuse quedifficile à exécuter. Nous entendons, par la majesté de cette place , ce que nousavons remarqué plus dune fois, c’est-à-dire que rien n annonce si parfaitement lamagnificence d une Maison Royale que des avenues spacieuses ôc des iísoes libresSc aérées, pourvu néanmoins quelles soient proportionnées à l’élévation de l’édi—fice. Ici en ne considérant que l’étendue de la façade des Tuileries, cette placene pouvoit être trop grande , à en juger par le jardin de ce Palais , qui malgré sonesplanade découverte de 120 toises de longueur , laisse jouir à peine de l’étendue de•ce bâtiment qui a 168 toises de longueur, hors oeuvre. Autre chose est de consi-dérer ici le rapport des bâtimens du Louvre avec la longueur immense de cetteplace.
A s égard de la difficulté de Inexécution , nous Voulons donner à entendre que lasurface que cette place occupe , priveroit Ce Palais de toute commodité, à moinsque d’avoir compris dans ce projet l’acquisition de tous les massifs des bâtimensparticuliers juiqu’à k rue S. Honoré, pour pratiquer les dépendances nécessairesa un pareil édifice, Sc qui manquent absolument, ici. Nous remarquerons en même-îems que ce projet eût été alors d’autant plus impradquable, qu’il auroit fallu abattreplusieurs bâtimens de quelque importance qui se trouvent enclavés dans les massifsmarqués I, dont nous venons de parler.
Quant à l’irrégularité de cette place, causée par les angles dissemblables R , L, ilest à croire quelle n auroit pas été perceptible, à cause de ía grandeur immense ; en-sorte que l’on peut dire que ce projet montre par son aspect la grandeur des idée*du Cavalier Bernin , qui prévenu qu’on l’appelloit en France pour ériger la- de-meure du plus grand Prince de l’Europe, en avoit proportionné l’étendue à cequ’il avoit conçu de ce Monarque, Sc qui pour cette raison avoit cru ne devoir,rien épargner pour donner à la postérité des marques de la splendeur d un si beaurégne.
Nous avons marqué ici dune taille legere, comme dans les planches précédentes "tout ce qui a été projetté par le Cavalier Bernin , de maniéré qu’il n’y a que cequi n’est point teinté qui soit aujourd’hui exécuté. Telle est, par exemple, la galerieM qui communique du Palais des Tuileries à celui du Louvre ; le íàllon N, &la galerie d’Apollon 0 ; enfin le Palais des Tuileries marqué P : tout le reste dece plan est un projet, même les dehors, où, à lexception de la rue S. Honoré,toutes les masses des maisons Sc les rues qui aboutissent du Louvre à cette rue ontété projettées à neuf, d’où il est aisé de concevoir Ja dépense prodigieuse dans la-quelle son exécution auroit engagé.
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