ARC HITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI. 15
veaux bâtimens ôc les anciens, on propoíà, dit Perrault , des couvertures de cui-vre , au lieu d’ardoise & de plomb, & ii rapporte à ce sujet, que par le calcul quien avoit été fait, la toise n’auroit coûté que 64 livres ; dépense qui n’auroit guere ex-cédé le prix des couvertures ordinaires , y compris la charpenterie, qui dans ce casconsommeroit un tiers moins de bois : il dit enfin avoir supputé à quoi auroit pu reve-nir toute la couverture des bâtimens du’Louvre(^), Sc que cette dépense n auroit pasmonté à 250000 livres; il donne même à ce sujet le dessein de la charpente propreà ce genre de couverture , dans le goût de celle du Château à'Anet , qu il avoueêtre beaucoup plus legere que celle dont on fait usage ordinairement, où il entrebeaucoup plus de matière.
Nous dirons, d’aprés l’opinion de notre Auteur , qu’il est étonnant qúe l’on aitnégligé jusqu à présent de mettre plus communément en pratique ce genre decharpenterie, qui nous a été donné par Philibert Delorme dans fa maniéré de bâtirà petits frais , &c dont il démontre évidemment la possibilité. Combien ne seroit-ilpas avantageux d’user de ce genre de couverture , qui donne la facilité d’em-ployer de petits bois, qui procure une oeconomie considérable dans lepaisseurdes murs de face, & qui donne enfin le moyen d’éviter l’apparence des combles 2Perrault connoistoit tout le mérite de cette invention, & comme il e'toit moinsjaloux <k plus connoisseur que la plupart des Architectes de son tems, il se faisoitun plaisir raisonnable d’applaudir à tout ce qui avoit été fait de bien avant lui.
Voici encore quelques changemens proposés par Perrault. Ils consistoient, i°. àobserver du côté de la cour , dans l’intérieur du bâtiment, des galeries ou grandespieces libres pour pouvoir aller à couvert tout autour du Louvre. z°. Pour dimi-nuer le diamètre de la cour, qui paroistoit, dit-il, trop grand à quelques-uns ,pour la hauteur des bâtimens , il avoit proposé, comme nous savons dit ailleurs, uneterrasse de 18 pieds de large, élevée de trois marches, telle qu’il s’en voitunedanslacour du Château de S. Cloud. Cette terrasse , selon Perrault , auroit eu encore deuxavantages ; le premier, quelle auroit empêché les équipages d’approcher du pied dubâtiment ; le second, quelle auroit servi d’empattement à tout l’Edifice, & préservé labase des piédestaux de shumidité de la terre & de sécoulement des eaux. j 5 . A prati-quer au rez-de-chaussée , dans l’épaisseur des murs qui séparent le péristile d’avec lesbâtimens de l’intérieur de la cour , des aisances qui se íèroient déchargées dans unaqueduc , par lequel les matières auroient été emportées dans la riviere ; ces aisancesauroient été entretenues propres, & lavées par une eau abondante , provenant descombles , & de la pompe de la Samaritaine.
Nous remarquerons premierement, que ces galeries, ou grandes pièces, dontparle Perrault , & dont on voit les desseins dans ion manuscrit, page 79 , auroientsans doute été nécessaires- mais que leurs dissérens diamètres & leurs Interruptionsdans un bâtiment d’une distribution simple, présentent des communications trop im-parfaites pour les issues principales d’une Maison Royale ; en second lieu, que ces ter-rasses font bien, à la vérité, au pied d’un bâtiment, parce quelles procurent un fol deniveau qui corrige les inégalités indispensables du pavé des cours, & contribuent.
( b ) Une portion du Château de Versailles, du côté fans qu il soit besoin de passer plusieurs couches à l’huile,du Jardin, est couverte de cuivre , & réussit fort bien, comme quelques-uns le prétendent ; ^expérience prou-malgré le sentiment de quelques-uns, qui prétendent vant ce que nous avançons ici. Ce genre de couvertureque le verd-de-gris est un obstacle qui devroit lui faire a donc l’avantage de pouvoir être plus leger , d exigetpréférer le plomb ; non seulement ce dernier est plus des murs de maçonnerie d’une moindre épaisseur , Scpesant,'par rapport à son épaisseur, mais il conte beau- enfin de nette pas plus dispendieux que les autres, encoup de soudure, & est sujet à se gercer .à la gelée j le tirant directement ces tables de cuivre, de Suede, où l’oncuivre rouge, au contraire, n’a aucun de ces inconvéniens, n’employe pas d’autre matière pour la couverture des& loin de se détruire par le verd-de-gris, il se graisse à bâtimens.l’air, de maniéré que l’eau du ciel coule fur fa surface,
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