$3 ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI.
château à j e j es en pUtre, moulés d’aprés l’antique, destinés à letude des Éleves reçus àl’École de cette Académie : celle P 2 ,, est la salle où l'on pose le modele pendantl’eípace de deux heures tous les jours de Tannée, à I exception des Dimanches &Fêtes. Cette salle est garnie de gradins pour les Étudians -, & íur la surface des murs.
de l’Académie, est chargé, avec qualité Sc rang de Pro-fesseur, de former les Eleves protégés, dans l’étude derhistoire, de la Mythologie, de la Géographie, & desautres sciences qui ont rapport aux Arts de Peinture Scde Sculpture.
Lorsqu’il vaque une des places de Pensionnaire dePeinture ou de Sculpture dans l’Académie de France,qui subsiste à Rome depuis 1666, elle est remplie parFEleve protégé , jugé le plus capable, mis en concur-rence avec les fils des Académiciens, qui, comme eux,•ont gagné un des premiers grands prix.
Ce Fut M. Errard qui fit l’établisièment de l'Aca-démie de Rome au nom du Roi, & qui en eut la con-duite jusqu’en 1673. M. Noël Coypel l’eut après lui jus-•qu’en 1675, que M. Errard le rat relever en qualité deDirecteur. Ses successeurs ont eu la même qualité ; onen compte jusqu à ce jour, six. M . de la Tuilliere en1689 , M. Houajse en 1699, M. Poerson en 1704,M. Fleughels en 1724, M. de Troyes en 1738, M.Notoire en 1750.
Ceux des Pensionnaires de Rome qui ont fait desprogrès, & qui de retour à Paris, sollicitent la qualitéd’Académicien, font ce qu’on appelle leur présentation :cette voie est ouverte auísi à tous Artistes, qui, fansavoir été à Rome, montrent des- talens supérieurs.
L’Aspirant qui veut se présenter à l’Académie , doitchoisir un des Officiers du même talent que celui qu’ilexerce , pour lui tenir lieu d’introducteur. Après quel’Aspirant lui a été présenté , l’Académie nommé qua-tre Commissaires pour aller voir ses ouvrages , en for-mer un examen provisoire , & en faire leur rapport àl’Académie, afin qu’elle puisse se déterminer à admettrel’Aspirant dans fa présentation , ou à la différer , fans ls^compromettre, Sc l’exposer à un refus public.
Par le mot de présentation , on entend ici celle desouvrages de l’Aspirant. 11 en doit faire porter quelques-uns devant l’Académie assemblée. Elle les juge par lescrutin. S’ils n’ont pas les deux tiers des suffrages en leurfaveur , l’Aspirant est remis à un autre tems ; s’il estagréé, il participe provisoirement aux privilèges de l’A-cadémie , fans néanmoins en être censé Membre effectif.II ne le devient que sur un morceau de réception, qu’ildoit faire entierement dans l’Académie, s’il est Peintre,&jufqu’au modele en grand, s’il est Sculpteur.
Ce morceau est jugé, comme les ouvrages de présen-tation , par le scrutin , l’Académie assemblée, & surla même pluralité des deux tiers des suffrages. Alorsl’Agréé qui les a en fa faveur, est reçu Académicien ,prête ferment , Sc son Ouvrage , devenu morceau deréception, appartient à l’Académie ; au contraire , s’ila pour lui un moindre nombre de suffrages que les deuxtiers , il perd les droits de son aggrégation, Sc l’espéranced’'être jamais de l’Académie.
En 1747, le Roi ayant pris fous fa protection immé-diate l’Académie dont nous parlons, il fut fait un nou-veau Règlement le 21 Janvier 1751 , compose de 21articles, qui approuve la plus grande partie de ion an-cienne institution , Sc qui autorise la nouvelle Ecoledont nous avons fait mention. En conséquence 1 Aca-démie est actuellement composée d’un Directeur, qu’elleest en droit de changer ou de continuer tous les ans : ceDirecteur est pris parmi ses principaux Officiers , fai-sant profession des Arts de Peinture Sc de Sculpture.
D’un Chancelier, qui l’est sa vie durant, Sc qui doitctre choisi parmi les Recteurs.
De trois autres Recteurs j ces Officiers servent parquartier. Le Recteur en quartier a la jurisdiction provi-soire de 1 Ecole, Sc préside à l’Académie en l’absence daDirecteur, privativement au Chancelier.
De deux Adjoints à Recteur , pour suppléer le ser-vice du Recteur en quartier, en cas d’absence.
De huit Honoraires amateurs.
De huit Honoraires associés libres.
De douze Profestèurs de Peinture Sc de Sculpture,Ces Officiers fervent par mois. Le Professeur partageavec le Recteur en quartier la police provisoire , & estcensé le troisième Officier de l’Académie, le Directeurétant toujours le premier.
De six Adjoints à Professeur servant au lieu & place deces Officiers, lorsqu’ils fontabfens, ou quand il est ainsiordonné par l’Académie.
D 1 un Professeur de Géométrie & de Perspective.
D’un Professeur d’Anatomie. Ces Officiers donnentleçon deux fois la semaine dans une salle particulière rils ont aujourd’hui chacun un Adjoint.
D’un Professeur d’Histoire, Fable, Géographie, &t.
De huit Conseillers. Les places de Conseillers sontaffectées aux Artistes distingués dans les talens particu-liers: Peintres de portrait, de paysage, d’animaux, defleurs ; Graveurs de médailles, ou en taille douce, Scc.On appelle dans l’Académie, Artistes à talens particu-liers , tous ceux qui ne font pas Peintres d’histoire oustatuaires.
D’un Trésorier, Cette place est en commission.
D’un Secrétaire perpétuel & Historiographe.
Et d’un nombre illimité d’Académiciens, qui est plusou moins considérable suivant les circonstances & lessujets capables qui s’y présentent.
L’Académie nes’assemble que deux fois par mois, lepremier Sc le dernier Samedi, excepté dans les cas ex-traordinaires. L’assemblée du premier Samedi est affec-tée aux conférences qui ont pour objet les diverses par-ties de l’Art Sc les sciences qui y ont rapport. L’afïem-blée du dernier Samedi est réservée pour toutes les af-faires qui regardent la discipline de la Compagnie ou del’Ecole, & pour procéder aux aggrégations & réceptions ,aux élections des Officiers, Scc. r
Avant que le Roi prit fous ía protection immédiatecette Académie, ce qui arriva en 1747, elle n’a eu quedes Protecteurs particuliers, quelle avoir droit de nom-mer , suivant les Lettres patentes du mois de Janvier1655 3 voici ceux qu’elle a choisis successivement.
M. le Chancelier Seguier fut le premier Protecteur decette Académie en 1648.
Les Protecteurs qu’elle eut ensuite en titre formel fsont
M. le Cardinal Ma^arin en 1655.
M. le Chancelier Seguier en 1 661.
M. Colbert en 1672 ; il étoit Vice-Protecteur de l’A-cadémiedès 1661.
M. de Louvois en 1683, en succédant à M. Colbertdans la Surintendance des Bâtimens.
M. de ViUacers en 1691, Surintendant des Bâtimens,après M. de Louvois.
M .Mansard en 1699, par la destitution de M. deVillacerf.
M. le Duc d’Antin , en 1708, Surintendant & Di-recteur général des Bâtimens.
M. le Cardinal Fleury en 1737.
M. Orry, Ministre d’Etat Sc des Finances, Directeur