ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv.VÍ.
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lieu que les remarques qu’on seroit obligé de faire fur les parties négligées d'un château iuédifice quelconque, partent assez ordinairement de source. Néanmoins nous remar- Louvic ‘querons que comme la convenance doit présider à toutes les productions d un Ar-chitecte , ôc que c est de ces principes que doit résulter le íuccés de 1 ouvrage en-tier, nous commencerons nos observations par les défauts de convenance, de bien-séance , & de vraisemblance, que nous ferons forcés de condamner dans ce fron-tispice , & nous finirons cette description, en inspirant une admiration qu on nepeut porter trop loin à 1 égard de 1 élégance de son architecture , du choix de sesornemens, & du rapport heureux qui íe rencontre entre certaines parties, & l’en-»semble de ce vaste Edifice.
Parle défaut de convenance , nous entendons que l’ordonnance de larchitecturede cette façade annonce plûtôt celle d'un monument élevé feulement pour la ma-gnificence , que la décoration d’un bâtiment destiné â l’habitation. Or comme legenre de cet édifice doit annoncer ces deux objets, ne convenoit-ilpas qu’on re-marquât des ouvertures dans les dehors , qui eussent indiqué la destination des de-dans ? Mais, dira t on , l’aîle de ce bâtiment qui est adossée à ce péristiîe étant sim-ple , les pièces intérieures tirent leur jour du côté de la cour. A la bonne heure ;mais il falloir au moins feindre des croisées à la place des niches,, telles qu’on lesa percées réellement du côté de la riviere ( voyez la planche 13 ), & que l’on en apratiquées dans les-petits entre-colonnemens des trois avant-corps de cette façade-,autrement cette superbe décoration semble revêtir le mur de face d’un édifice pu-blic , tel que pourroit être , par exemple , une Bibliothèque que l’on voudroicéclairer à l’Italienne ( b ) , ou bien le mur dun aqueduc , dont encore la plus grandepartie se perce à jour, autant pour œconomifer la matière, que pour ne pas mas-quer entierement le coup d’œil des environs.
A l’égard du défaut de bienséance , nous observerons que l’appareil de ce superbepéristiîe supposant ici une communication extérieure d une extrémité du bâtiment à1 autre, pour le passage du Prince, lorsqu il auroit voulu íe faire voir au peuple, il devoirêtre sans interruption ; ce qui ne se peut dans la distribution de ce périlsile, parle-tranglement du passage marqué A, dont nous avons dé j a parlé dans la description,de la planche précédente, & dont on sent visiblement la discontinuation, par l’ar-chivolte en plein ceintre , qui se remarque au dessus de la porte comprise dans lesoubassement. Nous relevons ce défaut de bienséance , qui est d’autant plus con-damnable qu il eût été essentiel que , par la communication libre que nous exi-geons, on eut évité le solide qui se trouve placé dans le grand entre - colonne-ment du milieu, dût-on y avoir affecté une porte croisée feinte , qui auroit parudonner entrée à un grand fallon ou' vestibule supérieur que ce grand avant - corpssemble annoncer, & qui auroit beaucoup mieux réussi que tout l’appareil de lasculpture qu’on setoit proposé d’y mettre. On a cependant exprimé ici cette sculp-ture , pour donner une idée générale de ce que ces parties dévoient produire rela-tivement au tout.
Enfin le défaut de vraisemblance confisse en ce qu’il ne st pas naturel qu’uneaussi petite ouverture que la porte marquée B, donne entrée à un édifice d’uneordonnance aussi colossale & aussi imposante -, ensorte qu’il semble que cettedécoration ait été faite, moins pour indiquer feutrée du Palais du Louvre , que
versaires de Perrault , bien loin d’affoiblir le mérité de tant plus régulière , qu’elle seroit plus conforme auxcet habile homme , lui seroit beaucoup d’honneur j il principes des anciens.
seroit a deíirer même que la plupart de nos Architectes (b) Voyez ce que nous avons dit à ce sujet dans les’efforçassent d en user de meme, puisque par une pa- troisième volume, p. 77, Sí dans T Introduction , pagesreille imitation, nous parviendrions à posTeder dans la 3 5, 37,8a:.fuite beaucoup plus d’édifices d’une ordonnance d'au-
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