ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI.
C H A P I T R E X V.
Elévation de la façade du Louvre, opposée à celle dont nous venons
de parler . Planche XVIII.
C ^Ette façade est couronnée par un Attique qui, selon toute apparence, sera CMt , niJ conservé & préféré au troisième Ordre dont nous venons de parler, non-seuse- Louvre,ment parce que cet Attique est déja exécuté dans les sept douzièmes du pourtourde la cour, 6c qu il n y a qu’environ les quatre douzièmes du troisième Ordre Té-îevés ; mais parce que ce dernier n ayant jamais été couvert, il faudroit détrui-re prés des deux tiers de íà hauteur actuelle pour le rétablir à neuf ; dépenseconsidérable , mais qui cependant n’égaleroit peut-être pas celle qu exigera lacontinuité de cet Attique, si Ion se détermine à lui conserver la richesse qui sevoit marquée ici ; richesse Tailleurs outrée, 6c dont la profusion des ornemens 6cleur proportion gigantesque sembleroit exiger qu’en perfectionnant ce Bâtiment,on en supprimât la plus grande partie , aussi - bien que les frontons circulaires „
( non seulement de hauteur 6c de largeur dissemblables) mais encore dont laforme en général est vicieuse 6c semble affaisser les avant - corps de ce petit étage ,dont la totalité est déja aísez écrafêe par la hauteur des combles ; autant de désec-tuosités que le troisième Ordre détruiroit ; 6c dont l’ordonnance Tailleurs seroicplus conforme à la bonne Architecture : les combles apparens, dans la décora-tion d’un Palais , font contraires à la bienséance, comme nous lavons déja ditailleurs.
Cet Attique, ainsi que toute la décoration dés avant-corps de cette façade ,a été commencé en 1518 , fous le régné de Henry II , & fur les desseins de Pier-re Lefiot {u). Il y a cependant toute apparence que la Sculpture de l’Attique aete faite dans un tems différent que celle des Ordres de dessous ; celle - ci estd une beauté d’exécution qui n’a pas peu contribué à la réputation que s est ac-quis cet Edifice ; celle de TAttique au contraire est beaucoup moins belle, 6cTailleurs Tune proportion si colossale , comparée avec la légèreté de l’Architectu-re, que cet exemple ne doit être cité que pour être évité à l’avenir ; parce qu il estessentiel de conserver non-seulement un rapport exact entre la Sculpture Lé l'Archi-tecture , mais encore d'éviter dans toutes les occasions l’abus de placer trop d or-nemens dans la décoration des façades , leíquels bien loin d embellir l’Architecture,Faccablent 6c l’empêchent de faire ion effet, celle-ci devant avoir le pas & comman-der â toutes les autres parties du Bâtiment.
Nous ne parlerons point ici des deux étages inférieurs , ils différent trop peudes deux Ordres de la façade précédente. Nous remarquerons seulement que legrand avant-corps du milieu, qui a été achevé sur les desseins de Le Mercier , ayant
(u) Nous avons promis dans le volume précédent,page 7. note ( a ), de parler de cet Architecte ; nous es-périons alors apprendre quelque chose d’intérestant tou-chant ce célébré Artiste, mais quelque recherche quenous ayons pu faire- à cet égard, nous nous trouvonsréduit à fçavoir feulement qu’il fut surnommé P Abbéde Clagny , selon Brìce , Pigagniol, &c. & Abbé de La-S n y, selon Moreri,. édition de1732, qui le qualifie auffidesur-lntendant des Bâtimens du Roy François I, (titreqnon donnoit alors aux Gouverneurs des Châteaux ou■Maisons Royales) ; cependant il n est pas question de cet
Abbé à P Abbaye de S. Germain des Prés ; ce qui con-tredit Moreri . Nous apprenons encore dans Florent LeComte , qui appelle auffi cet Architecte Pierre Lescot ,Abbé de Clagny qu il étoit né à Paris en 1518 ,originaire d’une famille qui s’étoit distinguée dans laRobbe y qu’il a donné les desseins de la salle des Antiquesdu Louvre, & d’une partie de la grande galerie de cePalais j qu’il a auffi donné ceux de la fontaine des SS.Innocents, & qu’enfin cet homme habile mourut en1 578 > de 60 ans.
t