Palais
Tuileries.
7L ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv.VL
Dorbay , de la conduite de cette entreprise -, ce font ces deux Architectes qui ontajouté à savant-corps du milieu l’Ordre Composite, l'Attique, le Fronton, & leDôme quarté qui s’y voit à présent. Ce fut aussi par leur conseil qu on démolitun grand escalier qui étoit placé dans l’intérieur ôc au milieu de ce Palais, que Phi-Wert de Lorme y avoit fait construire ; ôc l’on exécuta fur leur 'dessein l’escalierqui est à la droite du vestibule, &c qui par ce moyen dégage Ventrée, ôc annoncedés la cour lenfilade ôc la profondeur des jardins.
Ce jardin fut commencé par Henry IV ; il ne fut pas d’abórd à beaucoup présaussi spacieux qu’on le voit aujourd’hui qu’il contient soixante - sept arpens. Dansson origine il étoit séparé du Château {a) par une rue, ôc composé d’allées ôc de plu-,sieurs pieces de verdure ; il contenoit aussi un bois, une voliere, un chenil, uneménagerie , une orangerie , & un labyrinthe ( b ), qui ont subsisté jusqu’à ceque Louis XIV fit planter le Jardin à neuf, sous le ministère de M. Colbert , ôcfur les desseins à' André Le N autre , le plus célébré Artiste que la France ait possédéen ce genre (c).
CHAPITRE XVIII.
Description du Plan des Jardins des Tuileries. Planche XX.
L E s Jardins dont nous entreprenons la description sont du nombre de ceschoses dont il est toujours difficile de rendre compte. Certainement il estplus aise de parler des productions de .l’Art que de celles de la nature. Dans celles-íà, les réflexions partent de source ; dans celles-ci on est réduit à une forte de con-templation qu’il est plus facile de sentir que d’exprimer. Contentons-nous doncde faire remarquer la beauté des formes , la grandeur Sc la symétrie que Le Nau-tre a sçu si bien réunir dans la composition de ce magnifique Jardin. En ester,on conçoit fans peine combien il a fallu d’art pour concilier avec tant de succèsl’inégalité originaire du terrein avec fa disposition actuelle ; combien il a fallu d’in-telligence pour lui avoir procuré tant d’espace en apparence , Sc cependant uncouvert aussi considérable -, combien enfin il a fallu de génie pour lui donner cetair de dignité qu’on y admire, fans lui ôter néanmoins cette simplicité loua-ble , qui s’accorde si bien avec la nature, & qui semble au premier aspect régner seu-le dans cette belle promenade.
Ce Jardin, planté régulièrement, est entouré de terrasses cpii en marquent les li-mites dans trois de ses côtés , mais qu’on a fçu interrompre a propos par un Pont-tournant aussi ingénieux qu’utile ( d ) , & qui laisse à découvert la grande allée deschamps élifëes qui lui servent de parc. Le terrein du Jardin, considéré fur íà largeurde cent quarante-sept toises , a une pente de cinq pieds quatre pouces qui se trouverachetée insensiblement par un talut imperceptible ; autrement si l’on eût voulule mettre de niveau, il auroit fallu rapporter environ trois milles toises cubes deterre, qui auroient coûté un argent immense , fans pour cela apporter plus d’agré-ment à cette promenade ; ceconomie qui ne pouvoit se concevoir qu’avec l’expé-rience d e Le Nautre, ôc qu il est cependant essentiel de prévoir avant que de mettrela main à l’œuvre, dans toutes les occasions d’une pareille importance.
( a ) On dit aujourd'hui le Palais des Tuileries. Voyez un plan de Paris qui fut gravé en 1652.ce que nous avons dit fur le mot Château, en parlant ( c ) Voyez ce que nous avons dit de Le Ndutre , tom.du Louvre, dans ce Vol. pag. ;. note b. x. pag. 45- note F.
{ b ) On voit encore ces différentes distributions dans ( d ) Voyez le dessein de ce pont dans la planche XXII.
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