Buch 
4 (1756) La Description du Louvre & du Palais des Tuileries, celle du Château, Parc & Jardin de Versailles
Entstehung
JPEG-Download
 

I

77

ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI,

CHAPITRE XIX.

Diflrïbution du Palais des Tuileries , au rez*-de-chaujfée & au pre-mier étage . Planche XXIII.

C E Bâtiment, qui a cent foixante-huit toisos & demie de face, peut être con-sidéré comme un semi-double, nayant dans la plus grande partie du mi-lieu de fa longueur , qu environ dix toises de profondeur, &: environ douze dansfès extrémités.

Eu égard à limmensité de cet Edifice, nous ne présentons point cette distri-bution comme un exemple à suivre , mais comme renfermant dans plusieursdes pieces qui le composent, divers objets intéressans qui peuvent servir de mo-delé à nos Artistes.

Palais desTuileries,

Plan du rez-de-chaussée. Figure I.

La piece A est un grand vestibule divisé par un mur de réfend ; autrement elleauroir p^rtí ^ nayant de hauteur que vingt-un pieds. C est ici que

Phûîbert De Loritie avoit fait conli.iu.iiv. lv. gia.o A escalier dont nous avons déjaparlé ; cet escalier étoit de forme elliptique évuidée, le plus grand oc le plus consi-dérable que lon eût vu jusqu alors. Phìlìbert De Lorme est un de nos Architec-tes François qui a le premier poussé F Art de la Coupe des Pierres pratique à uncertain dégré de perfection. Il sappliqua singulièrement à la construction de cetescalier, & en fit un ouvrage merveilleux pour son siecle , en forte quen faveurde ce miracle de T Art, on oublia long-tems le défaut de fa situation. Il nappar-tenoit qu à M. Colbert de sentir que le premier mérite dun Edifice consistoitdans fart dannoncer limportance des dedans par les dehors ; en conséquence ilordonna qu on démolît cet escalier, Sc (juon lc plaçât on le voit aujourdhui.

Ce vestibule est décoré dun Ordre de colonnes Ioniques, engagées dun tiers dans;f épaisseur du mur. Cet Ordre est élevé fur un socle de dix-huit pouces : la bafèest antique & le chapiteau moderne, lun & l'autre dune médiocre exécution.A légard de lentablement, il est dun profil composé; la corniche, par exemple,nest autre chose quune cimaise supérieure ôc un larmier soutenu par des Conso-les qui viennent prendre naissance sor lArchitrave , & qui tiennent lieu de mo-difions à cette corniche. On peut juger par Pafpect de cet entablement, qui mé-rite quelquattention, que quoiqu on s éloigné quelquefois de la route ordinaire -,on peut tenter de nouveaux profils selon íes différents besoins, sortout lorsqu ilne s agit que de la décoration intérieure.

La plus grande partie des etjtre-colonnemens de ce vestibule est occupée pardes arcades ; mais la nécessité de donner à ces ouvertures une certaine largeur,est cause que les piédroits òc les archivoltes des arcades n ont aucun rapportavec le diamètre de lOrdre. Dailleurs comme les efpacemens des colonnes fontdissemblables , ces ouvertures offrent des percés de différentes largeurs , ce quiannonce une décoration peu réfléchie, & nuit à lordonnance générale de ce ves-tibule. On y voit austì des niches dun plan elliptique élevées sor des piédestauxdont la saillie & la hauteur paroissent gigantesques, comparées avec la dimension,des niches, ensorte que lon peut dire que les parties qui composent cette déco-ration nont aucune analogie avec la proportion Lc lexpression Ionique qui pré*side ici.

Tome IV.

V