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4 (1756) La Description du Louvre & du Palais des Tuileries, celle du Château, Parc & Jardin de Versailles
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I

ARCHITECTURE FRANÇOISE , Liv. VI. ' 87

Goitre la différence de la décoration actuelle de ce Palais achevé par Le Veau ôcDorbay , davec celle de Phïlibert de Lorme , Jean Ballant ôc Du Cerceau : un exa-men plus réfléchi ne nous préíèntcroit que des licences condamnables, que leíìecle de Louis XIV a fait disparaître , ôc dont il reste quelques traces involon-taires dans la restauration de cet Edifice-.

Palais desTuileries.-

Elévation de la grande façade qui 'réunit le Palais des Tuileries avec le vieux Louvre , du

, coté de la riviere. Planche XXVI.

«

Toute cette façade, comme nous lavons déja remarqué, a été élevée à diversesreprises. Le gros pavillon A est de Du Cerceau -, laîle qui commence à ce pavillonjusqu à lavant-corps B, est dEtienne Du Perrac y Peintre ôc Architecte dHenryIV. Toute la partie restante depuis le pavillon B jusqu a celui C , a été élevée fousLouis XIII ; par Clement Metezeau {l). Parcourons de íuite les différentes ordonnan-ces de cette façade immeníè.

La décoration du pavillon A, non-seulemenu a tous les défauts du précédent,qui forme, du côté des Tuileries, un retour déquerre avec l'élévation dont nousparlons , mais encore un trumeau dans ion milieu d une largeur si considérablequ il divise son ordonnance ôc donne à ce pavillon un air de pésanteur qui fe con-tredit avec lArchitecture dont il est revêtu ; en effet, rien de si maussade queles trois petites niches placées les unes au-dessus des autres dans toute ía hauteur,ôc qui y font dautant plus mal imaginées, que les membres dArchitecture quiles enrichissent fe trouvent, pour ainsi dire , anéantis par la largeur outrée du tru-meau qui les reçoit.

La grande aîle qui íiiit ce pavillon est aussi décorée dun Ordre de pilastresComposites ; ces pilastres font accouplés, &: leurs chapiteaux font dune assez belleexécution. Mais nous observerons que lidée d'avoir employé un Ordre de troispieds sept pouces de diamètre , à dessein que cette ordonnance répondît au pointde distance d elle doit être apperçue , aurait faire sentir la nécessité dedonner plus de faillie aux pilastres. D ailleurs cette nouvelle faillie aurait aug-menté celle de lentablement , qui bien loin de faire retour dans chaque entre-pilastre , comme on le voit ici, aurait auísi être continué d'un accouplement àlautre , ce qui n a íè faire parce qu on a fait monter les croisées jusques dessousles corniches, le plus grand de tous les abus en Architecture. Nous remarque-rons encore la singularité du profil de la corniche de lentablement de cet Ordre, dontles modillons font enclavés dun tiers de leur longueur, ôc qui viennent poíèr furla saillie de la cimaifednférieure. Ce genre de profil ne peut fe découvrir ici à causede la petitesse du dessein ; mais en faveur de cette singularité , a fiez ingénieusedailleurs, on en trouvera le développement dans le huitième Volume, commeune ressource assez bonne à mettre en pratique en certaines occasions.

Plus dune fois nous avons condamné la multiplicité des frontons. La façadedont nous parlons semble être exécutée pour nous en faire sentir le ridicule. Quesignifie cette décoration monotone de frontons alternativement circulaires ôc

(0 Ce fut cet Ingénieur ( car on appelloit ainsi dans Tune civile, & lautre militaire; en forte que la prè-les siécles précédens, les Architectes des Rois de Fran- miere est devenue un Art important qui exige une pro~ce) qui fit construire fur ses desseins, en 162,8, laDi- fonde théorie, une pratique continuelle , & une étudegue de la Rochelle, & qui a bâti plusieurs Edifices en réfléchie des Arts utiles, des Arts de goût, & peut-France, qui montrent évidemment, à en juger par Télé- être même des Arts agréables. La seconde, une scien-Vation dont nous parlons , quil étoit plus versé dans ce profonde qui entraîne après elle une connoissance in-ìes parties de détail que dans les beautés denfemble ; difpenfable du Dessein , de la Méchanique , de la Phisi-stierite si essentiel néanmoins, quon a reconnu depuis que, 8 c généralement de toutes les parties des hautes«a nécessité de faire deux branches de lArchitecture, Mathématiques.