ARCHITECTURE FRANÇOISE. Lfv. VI, 89
L’entablement de l’Ordre Corinthien qui termine cette façade e , est de la ràl- desmême hauteur que celui de l’Ordre Composite, ainsi que le faitage du comble ; Tuileiiës -autant de raisons pour que l’on eût dû continuer le même genre d’Architecture danstoute la longueur de ce Bâtiment. Metezeau a fait plus, il a imité en quelque fortela réitération des frontons que nous avons blâmée dans Taîle b ; imitation d’au-tant plus condamnable que non-seulement cette décoration est trop monotone ,mais quelle sert à faire appercevoir la disparité de ces deux genres d’ordónnance.
Nous n’étendrons pas plus loin nos observations fur cette façade. Un exa-men plus réfléchi nous jetteroit dans des répétitions involontaires , fans qu’il enrésultât rien d’avantageux pour l’ordonnance de ce Bâtiment, recommandable feule-ment par son immensité & par quelques beautés de détail, lesquelles, quoique épar-fes, n’en doivent pas moins faire l'objet de l’étude des jeunes Artistes pour leíquelsparticulièrement ces observations semblent être faites.
CHAPITRE XXL
Description de la Salle des Machines du Château des Tuileries .
Planche XXVII & suivantes.
O N a vu en petit dans la Planche XXIII, les pains de la salle des machines doncnous offrons ici les développemens , telle qu’elle fut exécutée íùr les desseins '& fous la conduite de Vigarani. La planche XXVII préíente le plan au rez-de-chaus-sée de la partie où fe tiennent les spectateurs, nommée proprement la salle deSpectacle, celle où fe passe la Scene étant appellée le Théâtre , quoique commu-nément fous la dénomination de íalle des machines on fous-entend ces deuxdfférentes parties. La planche XXVIII donne le plan pris'à la hauteur des premièresloges. La XXIX, les plans pris a la hauteur des secondes & troisièmes loges. La plan-che XXX offre le dessein de la décoration du Proscenium qui sépare la salle de Spec-tacle d’avec le Théâtre. Les planches XXXI & XXXII présentent celle de lasalle dont nous parlons , prise fur fa longueur & fur ía largeur.
On voit par la planche XXVII que le rez-de-chaussée de cette salle est disposéen amphithéâtre. La lettre A marque le lieu où íè mettent les lumières pour éclairerle théâtre. Celle B marque le lieu de l’orquestre pour la'musique. La lettre C , leparterre où fe plaçòient les Gardes-du-corps , celle D indique la loge du Roi;celles E E, les places destinées pour les personnes de la Cour ; celle F, les placesdes Officiers de la maiíon de Sa Majesté ; la lettre G enfin désigne les places quiétoient destinées pour le Public. Cette salle, qui a de largeur cinquante-un piedsdans œuvre, non compris les corridors, íur cinquante-cinq pieds de hauteur fousplafond, est distribuée en trois rangs de loges & peut contenir prés de six mille per-sonnes. Sa décoration consiste en deux Ordres, Corinthien & Composite, posés l’unfur l’autre, ( Voyez les planches XXXI & XXXII ) peints de marbre & dont les baiesôt les chapiteaux font dorés & dune três-belle exécution. Cette décoration en gé-néral est de la plus grande magnificence. Mais ce qui doit attirer le plus l’atten-tion des amateurs, ce font les compartimens du plafond, composés de membresd’Architecture , ornés de sculpture , & entremêlés de sujets coloriés peints parNoël Coypel , fur les desseins de Le Brun. Toute cette ordonnance, dont la richesseest peut-être poussée jusqu a la prodigalité, a dû dans son origine présenter le coupd’œil le plus éclatant. Cet éclat a perdu beaucoup de son prix depuis son édifica-tion. Bailleurs le lieu de la scene est si vaste, que la voix des Acteurs, â cequ’onTome IV. Z