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4 (1756) La Description du Louvre & du Palais des Tuileries, celle du Château, Parc & Jardin de Versailles
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Château

Versailles.

yL ARCHITECTURE F K A N Ç Q 1 S E , Liy, VII.

de fa Profession. Par-là notre description, renfermée dans les justes bornes que nousnous sommes prescrites, deviendra fans doute plus utile aux Artistes & aux ama-teurs que celles qui ont été faites jusqu a présent , dont la plupart ne font pro-pres qu a satisfaire la curiosité d’un petit nombre de connoisseurs.r La grandeur, la dignité, la magnificence , la-disposition ■& 1 ordonnance, fontles moindres idées que l'on doive íe former de cette Maiíon Royale. On y trouvetous les Arts réunis : l’Architecture, la Sculpture, la Peinture , l’Agriculture ,l’Hydraulique ,& la Méchanique y font dans leur plus beau jour. La richesse desmatières, le marbre, le bronfe & les métaux les plus précieux y brillent de toutes parts.En un mot, l’on peut dire qu il ne manque à ce Palais immense , qu'une situationplus avantageuse , pour qu il puisse être envisagé comme le plus parfait qu’il y aitau Monde. Mais fi d'un côté la nature ne paroît pas seconder les beautés de f Art,combien celui-ci ne dédommage t’il pas de ce qu un aspect plus séduisant auroitpu nous offrir ■} Parcourons toutes ces merveilles avec 1 impartialité dont nousavons usé jusqu a présent , & fans avoir égard aux opinions des Auteurs qui ontdéja écrit fur cette matière, observons tout avec un esprit dégagé de prévention.

La perfection des Arts fait ici notre but, les beautés universellement approu-vées feront des beautés pour nous; les médiocrités feront censurées dans cettedescription., comme elles Pont été. ailleurs, avec le ménagement qui convient.Plusieurs personnes en place & d'un mérite distingué m’engagent à cette sincé-rité. Sans doute elle déplaira à quelques-uns ; mais la droiture de mes intentions& Pestime des fçavans font capables de me dédommager de la tracasserie deceux qui jusqu a présent ont cherché à donner de mauvaises interprétationsà mon zele & au désir que j ai d’être de quelque utilité à mes Compatriotes.Ou on ne s’attende pas surtout à un style recherché.* la description ne demandeque de la clarté, de Pordre ; & quoique les productions qu’il s agit de décrireici soient d une efpece si supérieure & si sublime , nous n’en conserverons pas moinsune simplicité convenable , en rendant toutefois hommage aux merveilles de

Nous commencerons par un abrégé historique de cette Maison Royale. Quel-ques secours que nous ayons eu à cet égard d une infinité de personnes attacheesà Sa Majesté, qui fe font prêtées obligeamment à nos vues , nous invitons ceuxque nous n avons pas eu le loisir de consulter , à vouloir bien aussi nous faire part•de leurs lumières. Ils contribueront à la perfection de Pouvrage que nous don-nons. Ce fera un bien réel pour une seconde Edition, & un éclaircissement inté-ressant de plus pour les siécles a venir.

Origine du Château de Versailles.

La Terre & Seigneurie de Versailles étoit possédée en i;6o par plusieurs parti-culiers ; Philippe Colas , Ecuyer, en possédoit la plus grande partie ; une autre appar-ienoit à M. Antoine Poart , Maître des Comptes à Paris. Ce dernier étoit aussi Pro-priétaire de la Seigneurie de la Grange Lejfart : enfin une autre partie appartenoità Roberte de Soify femme de Jean de la Porte , & à Marguerite de Soi fy fa sœur,veuve de Jean Dizy , en qualité d’héritieres à’Antoinette de Portet leur mere.

Martial de Lomenie , Sécrétaire du Roi & de fes Finances , devint, en 1561 , Pro-priétaire de cette Terre , & de celle de la Grange Lejfart , par les acquisitionsqu’il en fit, & en a joui jusqu a fa mort arrivée en i; 7 z ; il avoir épousé JacquelinePinault , décedée avant lui.

Les Tuteur & Curateur de leurs enfans mineurs, vendirent cette Terre & Seigneurie

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