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ses dignités, il emporta avec lui les regrets &la vénération de tous ceux qui savaient connu.On peut voir à Arleskeim son épitaphe qui con-tient tous les détails de fa vie ; mais elle nefait peut-être pas autant son éloge que la noblefranchise avec laquelle il parlait de la basle ex-traction , de la pauvreté de ses parens, & desaumônes à l’aide desquelles il avait lait ses pre-mières études : il conservait avec soin une écuelled'argile , avec laquelle, quand il était au collège,il allait de maisons en maisons chercher quelquealiment dédaigné, & lorsqu’il donnait à man-ger, ce vase précieux était toujours apporté audessert, il en rappel'ait naïvement l'usage, & leremplissant de vin, il portait la santé des con-vives, & le faisait vuider à la ronde : rien necaractérise mieux une ame pleine d’une saineénergie, inaccessible à cette petite vanité quidépare la plupart de ceux que leurs talens ontfait parvenir, & bien persuadée que ce n’est pas lehasard de la naissance , mais la vertu qui détermine]a valeur réelle de l’hoiaame. La notice biogra-phique de cet ecclésiastique peu connu & très-digne de l’être, & fur - tout ce dernier trait,méritaient d’étre sauvés de î’ouhli, dans un siè-cle où les petitelîes de Pamour propre dégradentsi souvent le savoir & le génie.