20 Etude sur les relations de Charles Vil, roi de France,
ces adversaires séculaires une « intelligence perpétuelle ». C’esttout ce que nous savons de cette tentative. Il est peu probablequ’elle fut poussée très-loin.
En mars 1450, un accord intervenu entre Albert d’Autricheet son cousin Sigismond fit passer aux mains de ce dernier lesdomaines de l’Autriche antérieure 1 ). Si on acceptait la datedonnée par Chmel à deux documents attribués par lui à l’année1450, Charles VII aurait renouvelé au mois d’avril de cettemême année ses promesses de médiation et fixé une conférencepacifique à Constance 2 ). Mais à l’examen on reconnaît aisémentque les deux lettres du roi de France n’appartiennent pas àl’année 1450. L’une d’elles se rapporte au 13 avril 1454 3 ) etl’autre au 28 avril 1459 4 ). Bien plus, le 8 mai 1450, par unelettre datée de Lezignan en Normandie et imprimée par le mêmeéditeur à la suite des deux autres, avec une date exacte cettefois 5 ), Charles VII s’excusa de ne pouvoir répondre actuellementaux sollicitations que « son très-cher fils et bien aimé parent #Sigismond lui avait adressées par l’entremise de ses ambassa-deurs Jacques Trapp et Léonard de Velsegk. Le roi en effetétait fort occupé de ses propres affaires. L’invasion du Cotentin
') Après la guerre de 1448 des dissensions éclatèrent à Fribourg entreles bourgeois de la ville et les communes rurales au sujet du partage desfrais de guerre. Albert d’Autriche ne réussit pas à les apaiser et son voyageà Fribourg en août 1449 n’eut d’autre résultat que celui de lui faire com-prendre que Fribourg était perdu pour la maison d’Autriche. Il s’empressaalors de passer la main à son cousin Sigismond. Le pacte de famille de1450 attribua à ce dernier pour huit années le Burgau, Fribourg en U.,la Thurgovie, le Hegau, etc. (en un mot tous les domaines autrichiensmenacés par les Suisses), à charge de payer en deux annuités 40,000 florinsau duc Albert. (Liebenau, Beziehungen etc., 41.)
2 ) Mater, f. osterr. Gesch., I, 3, 311 s.
3 ) N” CXLVI a.
4 ) N° CXLVI b. M. de Liebenau (Beziehungen etc., p. 29 et p. 62)a accepté les dates de Chmel. — Même erreur dans Abschiede, II, 244. —Nous aurons l’occasion de mentionner ces documents à leur véritable date.
3 ) N* CXLVI c.