L’esclave est encore considéré au Brésil commeune marchandise : les annonces dont j’ai donnéquelques extraits, ne le prouvent que trop ; il nepeut en être autrement, tant que l’esclavageexistera. L’esclave est séparé de sa famille parla vente : voilà le grand mal ; tous sentiments defamille sont détruits. La jeune négresse autrefoisconsidérée comme simple machine de reproduc-tion pour son possesseur, est encore quelquefoisl’objet de satisfaction de la passion du surveil-lant et même du maître. Le mal ne peut dispa-raître qu’avec l’esclavage. Un auteur brésilien ena fait le sujet touchant d’un des plus beaux romansbrésiliens : L’Esclave Isaura. Pauvre esclaveblanche, fille d’un Portugais et d’une mulâ-tresse esclave, d’une beauté dont seulement lestropiques peuvent douer une quarteronne, elledevient le sujet de la passion du fils de son maîtrebrésilien ; le maître meurt avant d’avoir eu letemps de lui donner la liberté, comme c’étaitson intention. Le fils marié ne veut la lui ac-corder qu’après avoir satisfait ses désirs; ayantlui-même une jeune épouse qu’il aime, il ne veutcommettre d’acte brutal sur l’esclave, comme ceserait peut-être son droit, de peur de le voir ré-vélé à son épouse : l’esclave résiste à la passion
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Buch
La question sociale au Brésil : étude sur l'esclavage et la colonisation au Brésil / par Max Lyon
Seite
18
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