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DISTRIBUTION
Ce moyen est le seul qui soit véritablement pratique,industriellement parlant.
La distribution de l’énergie électrique par conduc-teurs métalliques admet un grand nombre de solu-tions : ainsi on peut se proposer de faire circuler dansle réseau distributeur l’énergie électrique telle qu’elleest produite dans l’usine centrale en laissant le soinaux consommateurs de l’utiliser directement. Ou bien,on peut intercaler, entre les appareils qui doivent con-sommer l’énergie électrique et les conducteurs quiamènent cette énergie de l’usine de production, destransformateurs, c’est-b-dire des appareils ayant pourl>nt de changer les qualités du courant afin de le rendrePlus propre aux applications qu’on veut en faire.
, Dans le premier cas, lorsque le courant envoyé de1 usine centrale de production circule dans une con-duite générale, on peut alimenter les divers récep-teurs (lampes à arc et à incandescence, moteurs, bainsgalvanoplastiques, etc.) de deux manières différentes :°n peut les disposer en série ou en tension, ou bien°n peut les disposer sur des dérivations distinctesPrises sur les conducteurs principaux.
Ce problème a une grande importance dans l’in-dustrie, car il ne s’agit pas seulement d’installer desconducteurs de diamètre assez grand pour ne pas s’é-chauffer sensiblement et ne pas absorber une quantiléd’énergie supérieure b une limite donnée ; il fautaussi que tous les appareils desservis puissent fonc-tionner indépendamment les uns des autres. Le pro-blème de la distribution de l’électricité doit se scinderen deux : 1° aménager la source d’électricité de tellefaçon qu’elle fournisse b chaque instant la quantiléd’énergie nécessaire; 2° disposer la conduite de tellefaçon qu’elle apporte toujours à chaque récepteur cedont il a besoin.
Tout appareil utilisant l’énergie électrique pour pro-duire de la lumière ou du travail, ou faire de la gal-vanoplastie, a besoin pour fonctionner qu'on lui four-nisse b chaque instant un certain nombre d’AMPÈRESsous un potentiel déterminé. Or, dans une distri-bution générale, on ne saurait faire varier ces élémentsdans des limites très étendues; il faut donc que tousces appareils soient construits d’une manière spéciale,pour faire partie de la distribution. En général, on lesdispose tous pour fonctionner soit avec une intensité,soit sous une différence de potentiel constante.
Ainsi, on peut dire que des deux termes : intensitéet différence de potentiel, dont le produit représentel’énergie électrique, l’un sera toujours constant pourtous les appareils faisant partie d’un même systèmede distribution. Il en résulte que les divers systèmes dedistribution électrique peuvent être partagés en deuxgrandes classes, suivant que les appareils fonctionnentsous une intensité ou sous une différence de potentielconstante. On doit ainsi distinguer deux types de dis-tribution d’électricité par conducteurs métalliques : ladistribution en série et la distribution en dérivation.
Distribution en série ou en tension.
— Los récepteurs sont successivement traversés parle courant de la machine génératrice (fig. 1). Pour
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assurer leur fonctionnement, il faut disposer, aux bornesde la machine, d’nne différence de potentiel égale b lasomme des forces électromotrices necessaires b chaquerécepteur et de la force électromotrice dépensée bvaincre la résistance dos conducteurs.
Si i est la chute de potentiel disponible aux bornesde la machine; si R, R’, R".... sont les résistances desdifférents récepteurs et p la résistance des conduc-teurs, l’intensité I du courant qui traverse le systèmede distribution aura pour valeur :
I = R + R’ + R" +. Tt'
Il suffit, pour assurer le fonctionnement normal desdifférents récepteurs, de maintenir constante l'inten-sité Idu courant, quel que soit le nombre des récep-teurs en service. On peut y arriver facilement en sub-stituant b chaque récepteur en repos une résistanceéquivalente ; mais ce changement, s’il ne trouble pasle fonctionnement des autres récepteurs, ne diminuepas l’énergie dépensée par la machine génératrice,énergie qui reste égale à celle nécessaire quand tousles récepteurs fonctionnent simultanément. Faite dansde telles conditions, une distribution électrique seraittrop onéreuse, elle ne pourrait recevoir aucune appli- •cation importante. Le but b atteindre est donc de fairevarier la force électromotrice E de la machine géné-ratrice de telle sorte que la différence de potentiel £ àses bornes soit toujours celle strictement nécessaire bla mise en action des récepteurs en service. Si s R re-présente la somme des résistances des récepteurs àactionner simultanément, il faut toujours que l’on ait
E = I(r + f + ïR),
r désignant la résistance intérieure de la machine.
On peut obtenir ce résultat de plusieurs manières :M. Marcel Deprez y est arrivé en excitant la machinegénératrice par deux courants, l’un dérivé du courantprincipal, l’autre produit par une machine excitatriceindépendante. Celte solution a l’avantage de réaliserautomatiquement le problème d'une distribution b in-tensité constante. Il a été essayé à Paris à l’Expositiond’électricité de 1881, mais il n’a reçu depuis aucuneapplication.
Un autre procédé automatique consiste à rendrevariable le calage des balais de la machine dynamo.Les porte-balais sont articulés et peuvent se déplacerautour de l’axe de la machine sous l’action d’un régu-lateur électrique spécial actionné par le courant (sys-tème Maxim, système Thomson-Houston).
Enfin, on peut modifier le champ magnétique dela machine génératrice : 1° en intercalant des résis-tances dans le circuit même des inducteurs, si la ma-chine est excitée en dérivation ou par une excitatriceindépendante; 2° en plaçant des résistances en déri-vation sur le circuit inducteur, si la machine est exci-tée en circuit.
Les procédés automatiques imaginés pour intro-duire ces résistances successives n’ont pas réussi, eton doit le faire à la main.
On pourrait encore faire varier la force électromo-(rice de la dynamo génératrice, en changeant sa vi-tesse de rotation.
M. Cabanellas, qui a le premier proposé un sys-tème de distribution bien étudié, et qui a montré lesavantages de la distribution en série, se servait d’ungrand nombre de machines identiques qui, tournanttoutes à la même vitesse, développaient une mêmeforce électromotrice, lorsqu’elles étaient introduitesdans le circuit. Toutes ces machines tournaient con-tinuellement, et un appareil automatique, commandantun commutateur spécial, faisait varier à chaque ins-tant le nombre de machines comprises dans le circuit,de façon que la force électromotrice tofale développéefût celle qui convenait pour alimenter le circuit avecl’intensité voulue.