linctes, et il est dans l’ordre de rechercher, encommençant, à laquelle de ces classes j’appar-tiens. Je déclare d’abord que je désavoue touteprétention à la qualification de voyageur senti-mental ; le sentiment me devient suspect dès qu’ils’affiche, et je n’aimerais pas à en faire métier.A dix-huit ans, je raffolais de Sterne; mais, de-venu plus mûr (dirai-je plus froid?), j’ai cru dé-couvrir que cette sensibilité et ce naturel qui m’a-vaient séduit n’était plus d’aussi bon aloi, et qu’ily entrait un peu trop d’esprit et de recherche. Jeprendrais volontiers le titre de voyageur pares-seux qui m’irait mieux que tout autre, mais lesoin de ma réputation m’empêche d’y songer : onse hâterait d’en conclure que j’ai l’insolente pré-tention de faire un livre sans me donnée de peineet en m’amusant; je ne saurais, en vérité, tropque répondre. M’inscrire sur la liste des voya-geurs curieux, serait prendre en quelque sortel’engagement de ne dire que du neuf, ce qui,pour la Suisse , est assez difficile. Restent encoreles voyageurs menteurs, les voyageurs oiseux, lesvoyageurs vains, moroses, tous gens avec lesquelsje n’ai, Dieu merci, rien de commun. Ne trouvantdonc, dans cette classification, aucune catégoriequi me convienne, je me vois forcé de m’en créer
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