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ils sentirent qu’une seconde victoire pareille àcelle-là consommerait leur perte. Voici un traitrelatif à cette affaire mémorable, qui nous a étéconservé pat^un contemporain. Un chanoine deNeuchâtel, revenant du concile de Bàle , rencon-tra en route 1,600 Suisses , détachés du camp desconfédérés, avec ordre de se jeter dans la ville àtout prix «.... Sur ce leur remonstrances que l’ost« du Dauphin comportoit vingt-cinq, voire trente« mil Armagnacs , champoyants 1 et spoliants« monts et vaux par alentour la ville, et sembloit« ugne entreprise non humaine de voloir, avec« si petit réconfort, gagner les portes à l’encon-« tre de telle espoventable multitoude. Ung des« dicts seigneurs des ligues (et sembloit iceluy« chevalier, par grave et*souperbe prestance,« avoir auctoritey), respondit : si faut-il qu’ainsi« soit faict demain, et, ne povant rompre à la« force les dicts empêchemens, nous baillerons nos<1 âmes à Dieu et nos corps aux Armaignacs. »Ils tinrent parole. Ænéas Sylvius, alors à Bàle ,rapporta que les Suisses arrachaient de leurs corpsles flèches ensanglantées pour les lancer à leursennemis, et, bien qu’ils eussent les mains coupées
1. Tenant la campagne.