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vage qui offre l’image de la solitude la plus pro-fonde , de découvrir un édifice imposant, dontles vastes toits en ardoise , les ailes prolongées, lafaçade majestueuse et l’élégante coupole se déta-chent de la sombre verdure des sapins. Cet édificeest l’antique abbaye de St.-Blaise, qui jadis jouis-sait d’un revenu considérable dont les princes-ab-bés savaient se faire honneur. Ils se piquaientd’exercer l’hospitalité noblement; et Voltaire , venuà St.-Blaise pour y faire quelques recherches dansla bibliothèque, y reçut un accueil distingué ,auquel sa célébrité lui donnait des droits, maisque ses opinions antimonacalcs auraient pu luifaire refuser de la part de religieux qui auraienteu une façon de penser moins libérale. Il n’est pasinutile d’ajouter, pour ces gens qui ne sont pas por-tés à l’indulgence à l’égard des abbayes richementdotées, que celle-ci nourrissait, par ses bienfaits,les habitans de ces pauvres vallées, possédait uneriche collection de livres rares et de manuscrits ,et renfermait des hommes qui joignaient à unegrande instruction de l’esprit et du goût.
Depuis la sécularisation de tous les couvens del’Allemagne , S.-Biaise a été acheté par INI. le ba-ron d’Eichtal de Carlsruhe, qui y a établi unegrande manufacture d’armes et répand par là beau-