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Premier volume.
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par les dignes collègues des Forfait et des Rapinaldevint la proie de la maraude; le quart de la po-pulation fut réduit à vivre de la charité des can-tons voisins qui ne resta pas inactive. Il est curieuxd’entendre un contemporain, dont le témoignagene saurait être suspect, exprimer son opinion surcette expédition des Français dans les petits can-tons : « O guerre impie ! dans laquelle il semblea que le directoire ait eu pour objet de savoirh combien il pouvait immoler à son caprice de« victimes choisies parmi les hommes libres les« plus pauvres et les plus vertueux, et d’égorger« la liberté dans son berceau »

Une population agricole et surtout manufactu-rière , pourrait à peine se relever d’un pareil dé-sastre après une longue suite d’années, mais, pourune peuplade de pasteurs, il en est autrement; sesprés reverdissent, ses troupeaux multiplient, sesexportations reprennent leur cours , les dettes sepaient peu à peu, et, au bout de vingt ans, il n’yparait presque plus; si ce n’est pourtant que l’ha-bitude de la mendicité , si elle n’est point répriméepar des mesures sages et fermes, s’y enracine ets’y perpétue. On a mendié d’abord pour avoir le

i. Discours de Carnot.