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Premier volume.
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revêtir le voisin d’une autorité temporaire, quiaurait pu lui faciliter les moyens d’acquérir uneprépondérance dangereuse? Espérait-on que l’im-partialité d’un étranger, isolé et désintéressé dansles questions locales, suppléerait à tout ce quilui manquerait sous le rapport du patriotismeet de la connaissance des intérêts du pays? J’au-rais désiré que notre hôte, qui charmait deuxanglaises en accompagnant sa voix traînante dela ràclerie d’une mauvaise guilarre, eût été hommeà résoudre mes doutes.

Il y a tout au plus un siècle, que, sur cettemême plage ou j’attends mon bateau, un hommedescendit au milieu de la nuit pour s’embarquersecrètement et gagner en toute hâte le territoirede Lucerne . Cet homme fuyant pour dérober satête à la rage de ses ennemis triomphans, était lebaron fidèle de Zurlanben , rejeton d’une familleillustrée qui, placée depuis plus de deux cents ansà la tête des affaires de cette petite république, yavait joui d’une autorité et d’une influence noncontestées. Dispensateurs des pensions et gratifica-tions que la France payait, depuis François I er aucanton de Zoug , les Zurlanben s’étaient servis dece moyen pour accroître leur crédit et affermir laprépondérance du parti français qui se croyait

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