de la carte de Suisse , bien connue des voyageurs,et d’un panorama du Rigi , au moyen duquel ilvous étale , sur une table, la chaîne immense desglaciers, que vous mettez ensuite dans votre pochepour la modique somme de six francs. Domiciliéen quelque sorte au Rigi-kulm, et en connais-sant bien les us et coutumes, M. Keller se mon-trait moins découragé que nous, et nous préditque la soirée ne s’écoulerait pas sans qu’il ne nousarrivât des amateurs, curieux d’assister au déchi-rement des nuées, et de voir le magnifique ta-bleau du Rigi se dérouler graduellement à leurspieds, doré des rayons du soleil levant. Plus tard,et à ma grande surprise, sa prédiction se réalisa.Toute la nuit, nous entendîmes ouvrir à de nou-velles bandes d’arrivans qui, trempés et recrus,manifestaient leur impatience en ébranlant la portesous les coups redoublés de leurs bâtons ferrés.Ces nouveaux hôtes voulaient aussi, eux, souper etse coucher; ils criaient à tue-tête, appelant l’au-bergiste elle garçon, qui leur répondaient, encou-rant, tout effarés, sur les planchers retentissans.Les guides juraient et riaient entr’eux, enfin c’é-tait, dans cette frêle baraque, naguère déserteet silencieuse, un brouhaha et un mouvement à nepas pouvoir fermer l’œil. A souper, nous n’avionsJ. ti
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