dans l’église et à une demi-lieue plus loin. Unedame aux nerfs délicats s’était trouvée mal peu detemps avant en entendant mugir cet ut, gigan-tesque enfant d’Eole, comme dirait un poète.
La cathédrale me fournit un trait qui fait con-naître l’esprit dont étaient animées les troupes despetits cantons, lors de l’invasion française, et le peude discipline qui régnait parmi ces braves descen-dans des pâtres de Morgarlen. S’étant rendusmaîtres de Lucerne qui avait accepté, bon gré malgré, la nouvelle constitution gallo-helvétique , ilsjetèrent pêle-mêle sur la place leurs armes qu’ilsconfièrent à quelques sentinelles, et se précipi-tèrent en foule dans l’église, pour y entendre lamesse , que leur dit un de leurs chefs, le capucinSliger, et remercier Dieu de leur victoire. Rienn’eût été plus facile aux Lucernois que de fermerles portes et de prendre, comme dans une souri-cière, leurs vainqueurs désarmés; l’idée n’en vintà personne.
Je viens de visiter un lieu plein de nobles sou-venirs; j’ai parcouru le champ de bataille deSempach 1 encore plein des émotions que j’y ai
j. J 'y ai été accompagné [>ai les descendans d'un hommequi s'y est distingué. C'était un Ruttimann qui défendait