attacher tant de prix et dont il semble qu’ils pus-sent si aisément se passer. C’est qu’il existait alorsune idée profondément enracinée dans les esprits:celle du droit imprescriptible de souveraineté in-hérent à la couronne impériale, idée que l’on voitprévaloir au milieu de toutes les usurpations et detoutes les révolutions de ce temps-là. Jamais lespopulations ne la perdent complètement de vue,et ces droits de l’empire sont l’objet de clauses etde réserves spéciales dans tous les traités d’allianceconclus par les cantons successivement affranchispar la domination autrichienne. La langue ac-tuelle a même conservé des traces de l’influencegénérale qu’a exercée cette idée sur les esprits. Lesgrandes routes portent encore en Suisse le nomde routes impériales; le mot empire se prend dansl’acception de domaine public et l’on dit : bâtir ,anticiper sur Y empire, y déposer quelquechose, etc.Feu l’avoyer de Mullinen, l’un des hommes lesplus instruits dans l’histoire de la Suisse , croit quec’est pour avoir tente de substituer les couleurs del’Autriche aux couleurs impériales, que le bailliGessler a fait éclater le soulèvement des trois can-tons qui n’auraient fait, d’après cela, que repous-ser une usurpation. *
Le Pilate a eu jadis une fort mauvaise réputa-