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Premier volume.
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habit aux couleurs nationales et grotesquementorné de nœuds de ruban, de bouquets de fleurset de petits fragmens de miroir. Cet envoyé, remen grande pompe sur la place, s’arrête au-dessousde la bannière de la commune, avale un verre devin qu’on lui présente avec tout le cérémonialusité en pareil cas, puis il tire gravement de sapoche sa dépêche officielle, écrite sur une im-mense feuille de papier, sur le dos de laquellesont barbouillées, en vert et rouge, les armoiriesde l’Entlibuch , et il la débité avec emphase etforce gestes burlesques à la population attentive.C’est une pièce de vers libres , moitié historique,moitié anecdotique , et satirique plus qu’à demi,qui a trait à son village et à celui vers lequel il aété envoyé. Il est interdit au poète de nommeraucun individu, mais permis à lui de désignerles personnages, par tout ce qui peut servir à lesfaire reconnaître. Les victimes du rustique Aristo-phane se résignent souvent à se racheter pour unou deux écus, plutôt que de se voir ainsi immoléà la risée publique. J’ai lu, dans l’ouvrage del’abbé Stadler qui a habité long-temps ce district,plusieurs échantillons de cette éloquence bouf-fonne ; le gros sel et les plaisanteries graveleusesn’y sont point épargnés, et, bien qu’il soit impos-