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Premier volume.
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qu’il possédait. Tant que nous avons été dans lecanton d’Uri, il s’arrêtait presque tous les centpas, et, dirigeant son bâton ferré vers le sommetde quelque monticule où brillait un point blanc ,ou bien vers quelque recoin de la vallée, il s’écriaitd’un air important: « CapelleTell; Jateau Gess-« 1er; Fillache Tell ! » Ces deux noms me pour-suivaient, et je faisais des vœux pour être au plustôt délivré de l’oppresseur, comme du libérateurde la Suisse .

J’arrivai à Amsteg, le soir d’un jour de fête :non loin de l’auberge, les hommes du villageétaient réunis pour tirer à la cible, genre de di-vertissement très populaire dans toutes les partiesde la Suisse . Ils y faisaient preuve d’une adressemerveilleuse , atteignant très souvent le pointcentral de la cible, éloignée de plus de deux centspas; c’était comme s’ils eussent mis dans un écude six francs. On me proposa poliment de tirer,ce que je me gardai d’accepter, pour ne pas com-promettre l’honneur du nom français . Tous cespaysans étaient chasseurs de chamois, et je plai-gnais le gibier qui avait affaire à de tels tireurs;ils me dirent effectivement qu’on en détruisaitbeaucoup, et que, pour empêcher que la race 11 evint à s’en perdre entièrement dans le canton, le