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levé sur cetle contrée qui gémissait sous un jougoppresseur, tandis que la Suisse jouissait depuisplus d’un siècle d’une indépendance chèrementacquise. Ce fut sous un érable de la forêt de Trousque l’on montre encore, que fut jurée, en i4 a 4 »la première des ligues grises , ainsi nommées de lacouleur du vêtement que portaient les paysansdéputés par les communes. Ceux-ci s’abouchèrentavec plusieurs seigneurs, que la crainte des vexa-tions de l’évêque de Coire , déjà trop puissant, en-gagea à se réunir à leur cause, et à se faire unappui de leurs paysans en les affranchissant. L’abbéde Dissentis entra dans la ligue; et, après plusieursconférences nocturnes tenues mystérieusementdans la forêt, prélat, nobles et vassaux prêtèrentensemble le serment de s’allier pour maintenir lajustice et la paix dans le pays et faire respecterleurs droits, sans porter atteinte à ceux d’autrui;cette dernière clause fut fidèlement observée. N’est-il pas curieux de voir se reproduire, dans un coinde laRhétie, une combinaison qui, deux sièclesauparavant, avait jeté les bases des institutionsd’un puissant royaume? La conjuration de Trousrappelle l’origine de la grande charte d’Angleterre.
Aux environs de ce village, la vallée m’a paruplus pittoresque, plus fertile et plus peuplée. Le