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livrent les possédés, auxquels d’autres sorciers ontmis le diable au corps. L’un d’eux avait, pourcela, une singulière recette qui aurait dû diminuerle nombre de ses pratiques. Il les conduisait dansquelque solitude effrayante, et là leur distribuaitlargement des soufflets et des coups de pieds; puis,tout à coup, il s’écriait : « Tenez! voilà le malinesprit qui sort ! le voyez-vous qui se sauve ! » Là-dessus il lâchait un coup de fusil au prétendu fu-gitif et la cure était achevée. C’est, je crois, à cemême homme qu’un voyageur demanda un ou-ragan à acheter, car il prétendait,comme les ma-giciens de Laponie , avoir un grand empire sur lesélémens. Il répondit que ce serait avec grand plai-sir qu’il lui en vendrait un, mais que les paysansse fâchaient contre lui quand il en déchaînait etqu’ils lui pourraient faire un mauvais parti.
Ce n’est, à vrai dire, que dans les vallées lesplus reculées du canton qu’on retrouve encore cesidées d’une autre époque; la masse des habitansest assez éclairée. L’enseignement primaire est gé-néralement répandu, ell’école cantonnale , établieà Coire , compte d habiles professeurs, ainsi qu’ungrand nombre delèves. C’est réellement une édu-cation universitaire qu’ils y reçoivent, eu égard à lasignification étymologique du mot. Par la nature