railles; c’est celle qu’après la victoire remportée àAinstoss, les Appenzellois lirent moissonner pardeux cents femmes, pour narguer leurs ennemisbloqués dans la ville, et qui eurent la mortifica-tion de se voir ôter le morceau de la bouche, parces mêmes femmes qui précédemment avaient aidéà les battre. C’était un singulier temps ! Les par-ties belligérantes négociaient par l’intermédiaired’une vieille femme et d’une petite fille. L’empe-reur Maximilien, renfermé dans Constance , avaitdonné ordre de faire quelque prisonnier demarque, dans le but d’activer les négociations parson entremise; mais, dit un contemporain, ilétait plus aisé de tuer lesSuisses que de les prendre ;cependant le blocus traînait en longueur, le dé-couragement était dans la ville, et l’empereur,indigné de l’irrésolution de ses grands vassaux etalliés, qu’il avait réunis en conseil, jeta son gantde dépit en disant : « Je vois qu’il ne fait pas bon« vouloir combattre des Suisses par des Suisses ! »Peu de temps après, il reçut la nouvelle de la dé-faite décisive de Dornach, et de la mort du princede Furstenberg qui y commandait en chef, et,pour le malheur duquel, il avait plu des Suisses
i. Expression dont il se servit pendant la bataille.