— 43o —
je ne sais quelle cause , et bannir à perpétuité dupays ; Suter partit pour l’exil et se retira à Cons-tance . Mais la rage de ses ennemis n’était pointassouvie; ils ne l’avaient fait bannir que parcequ’ils ne se croyaient pas encore assez en créditpour obtenir contre lui une sentence plus rigou-reuse. Devenus plus forts, ils résolurent de com-pléter leur vengeance. A cet effet, ils font dire àsa fille, restée à Appenzel, que, si son père veutrevenir, on fermera les yeux sur son retour, etque même le jugement qui l’a condamné pourraêtre annulé. Dupe de cette noire perfidie, celle-cise hâte d’écrire à son père, pour lui transmettrecette nouvelle, et l’engager à venir, à jour fixe, àun village qu’elle lui désigne, et où il doit trouverun sauf-conduit. L’infortuné vieillard s’y rendsans défiance et ne connaît le piège qu’on lui tendque lorsqu’il ne lui est plus possible de s’y sous-traire. Des gens apostés le saisissent, le garottentsur un traîneau , et, sans égard pour son âge , l’a-mènent par une nuit glaciale de janvier à Appen-zel , où tout est préparé d’avance pour qu'il nepuisse pas échapper. Il comparait devant un tri-bunal où ses ennemis dominent ; on l’y accuse d’a-voir conspiré contre l’indépendance du pays ;vainement on le presse par des questions insi-