leurs lentes sous ce beau ciel d’Italie, m’est appa-rue sous un point de vue qui n’avait rien de poé-tique; c’est qu’en effet elle n’est pas dans l’ordrenaturel des choses, dont, à dire vrai, la politiquedes cabinets ne s’est jamais occupée que pour yfaire violence.
On est visité rigoureusement à la frontière, et lesdouaniers se montrent surtout sévères à l’égard deslivres. Si vous en avez qui soient portés sur leurindex, ils ne les confisquent pas, mais les retien-nent pour les diriger sur tel point de la frontièreque vous désignez, et où vous pouvez les re-prendre, en sortant des états autrichiens. On saitque lady Morgan, après avoir calomnié la France dans un gros livre aujourd’hui oublié, s’est mise,plus tard, à médire de l’Italie qu’elle a bien aussiun peu calomniée. Son ouvrage, comme bien onpense, y a été sévèrement défendu, mais l’appâtdu gain rend ingénieux, et l’éditeur parisien adres-sa, à ses confrères d’Italie , d’énormes ballots dulivre prohibé, après avoir pris toutefois la précau-tion de substituer, à la feuille du titre, celle desSermons de Blair. La fraude se découvrit, et aus-sitôt l’ordre fut donné, à tous les bureaux dedouanes, de confisquer, sans exception, les exem-plaires des Sermons de Blair qui se présenteraient.