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et ses camarades étaient si peu payés et si malnourris, qu’ils se voyaient dans la nécessité de selivrer, pour quelques sous, à de menus travaux ,et que, lorsque cette ressource leur manquait, illeur fallait, pour y suppléer, avoir recours à lacharité des passans, ce qui leur était sévèrementdéfendu, sous peine de cinquante coups de bâton.Cette correction disciplinaire est probablement laseule chose que de pareils soldats aient en communavec les soldats romains. Il m’est tombé sous lamain un petit livret imprimé à l’usage des écolesprimaires de Lombardie , sous ce titre : Devoirsdes sujets envers leur souverain, Milan , 1825. Ilcontient nombre de choses curieuses : par exempleles déserteurs y sont menacés ( page 22 ) de la dam-nation éternelle; ailleurs on lit : Pourquoi les su-jets doivent-ils se considérer comme des serviteurs?réponse : Parce que le souverain est leur maître,et a toute puissance, tant sur leurs biens que surleur vie. Plus loin j’ai remarqué cette étrange ques-lion qui provoque une non moins étrange réponse :Comment un soldat qui craint la mort doit-il fairepour s’encourager? On m’a assuré que depuis, cecatéchisme politico-religieux avait été supprimé,j’aime à le croire; car on se demande comment lesmots d 'honneur et de patrie ne seraient pas vides