Band 
Second volume.
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tableaux. Je me dispenserai de parler des chefs-d’œuvre que j’y ai vus; ce que je pourrais en direserait loin de satisfaire les vrais connaisseurs, etn’aurait pas d’intérêt pour le vulgaire des amateursdont je fais moi-même partie. Mais je veux men-tionner un curieux in-folio qui a servi de registre,ou de journal, au célèbre Léonard de Vinci , etdans lequel se trouvent confondus pêle-mêle, descroquis, des vers, des morceaux de musique, desconsidérations sur les arts, la littérature, la poli-tique, en un mot, toutes les inspirations diversesde ce génie si fécond et si universel. Cette étonnantevariété de taleus m’a fait faire des réflexions qui nesont pas à l’avantage de nos temps modernes. Lanature se serait-elle donc épuisée? Ne pourrait-elle donc plus produire de ces êtres si puissans parl’intelligence, l’imagination et la volonté, de cesêtres dont les vastes facultés suffisaient à tout em-brasser, et auxquelles jadis elle se plaisait à prodi-guer, par torrens, ce feu créateur dont elle ne dis-tribue plus que des étincelles à quelques individusprivilégiés? De nos jours, à un petit nombre d’ex-ceptions près, le peintre n’est qu’un peintre ,l’homme de lettres n’a approfondi que la littéra-ture, le musicien n’est supérieur que dans son art.Léonai-d de Vinci était littérateur, et l’un des com-