de ce qu’il appelait ce servilisme de courtisan,et m’assurait que les choses ne se passaient pasainsi dans son pays.
Les promenades m’ont paru belles et bien plan-tées ; le soir elles sont couvertes de monde. Onvient respirer avant l'heure du spectacle , car l’ex-trême chaleur du jour ne permet guère en été desortir pour son plaisir. La saison de l’opéra venaitde se terminer; mais je m’en consolai par l’idéequ’il était ordinairement médiocre à Turin et quela comédie italienne y passait pour bonne. La re-présentation du jour avait un intérêt particulierpour moi,Français; on jouait Edouard en Ecosse ,traduit par l’acteur même qui s’était chargé durôle du prince. Il était déjà connu par plusieurspièces de théâtre qui avaient obtenu du succès, etceci me paraissait d’un bon augure pour le jeu decet acteur-auteur. Je ne tardai pas à être désabuséd’une manière fâcheuse par l’étrange système dedéclamation et le jeu non moins étrange de ces ac-teurs italiens qui m’ont paru, dans cette pièce dumoins, ou bassement naturels, ou ridiculementampoulés, ou d'une bouffonnerie chargée au-delàde toute mesure. Je me demandais si ce n’étaitpas le préjugé ou la force de l’habitude qui inefaisaient trouver détestable ce jeu dont le public