corps les derniers devoirs, et se transporta aussi-tôt sur les lieux pour les enterrer avec tous lesrites d’usage. Quelle bizarre destinée que celle deces vieux pharaons exhumés, par la cupidité, dela poussière où ils dormaient depuis trois ouquatre mille ans, pour venir, du fond de l’Egypte ,recevoir, dans un village de l’Allemagne , une se-conde sépulture des mains d’un prêtre chrétien !
Turin n’est point une ville brillante ni animée,même en hiver. Bien qu’il s’y trouve des fortunesconsidérables, peu de maisons y font des fraisdans le but de réunir la société; aussi les fêtes etles soirées que donnent les ministres étrangerssont-elles, à peu près, les seules. Tout le beaumonde y vient, puis chacun rentre se claquemu-rer dans son intérieur ou dans sa coterie. Est-ceau défaut de sociabilité ou à des calculs d’éco-nomie qu’on doit attribuer cette singularité, frap-pante dans une capitale, ou bien serait-ce auxhabitudes retirées et presque bourgeoises de lacour? c’est ce qu’on n’a pu me dire. Toujours est-il qu’il n’y a rien ici qui puisse attirer ni retenirun étranger. Les Piémontais sont en général spi-rituels et ont déjà quelque chose de la vivacitéméridionale, ce qui ne les empêche pas d’êtrefroids et difficiles à pénétrer. Les hommes de la