étaient, par leurs diverses expressions, d’un co-mique achevé. L’impatiente pétulance du cochon,l’impassibilité résignée du mulet, l’air d’anxiétéde la femme et du mari, auquel se mêlait, pourcelui-ci, l’effet grotesque de ses efforts; tout celaformait un tableau des plus plaisans, qui contras-tait, d’une manière originale, avec l’imposantegrandeur du lieu de la scène.
J’allai me promener le soir sur le chemin d’Al-bitien, village situé sur la croupe d’une des mon-' tagnes qui dominent la vallée des bains. J’arrivaiau pied de la première des sept ou huit échelles,par lesquelles on atteint le sommet d’une paroicomplètement verticale; je voulus tenter l’escalade;d’abord elle me réussit assez bien , mais, parvenuau troisième étage où je voyais, au niveau de monœil, la cime des sapins les plus élevés, je ne mesentis pas assez sur de ma tête ni de mes jambes etredescendis modestement. Les paysannes d’Albi-nen viennent tous les jours par là, vendre, àLouesche, leurs œufs et leur lait, portant souventleur fardeau sur la tête ; le dimanche soir, leurspères et leurs maris, remontent par cette mêmevoie aérienne, ayant bien diné aux bains, et buautre chose que de l’eau minérale, et on ne parlepas d’accidens.