est toujours trouble et fangeux; les troncs brisésdes vieux sapins, gisant çà et là, blanchissent surses bords, et la longue traînée que la chute de cesmasses prodigieuses a tracée du haut en bas de lamontagne, est encore nue, aride, comme au pre-mier jour. Depuis les Diablerets jusqu’au villagede Grion, le chemin offre peu d’intérêt, mais, dece dernier point, on a une vue magnifique sur lapartie inférieure de la vallée du Rhône. Pour cettecourse on ne peut se dispenser de prendre unguide.
Il est un autre passage que j’ai également fran-chi et qui conduit de Sion à Gsteig, dans le can-ton de Berne, par le Sanetsch , Celui-ci est intéres-sant, surtout pour le botaniste, en ce qu’il lui pré-sente, dans une course de cinq heures, les degréssuccessifs de l’échelle de la végétation, depuis lecactus-opuntia, ou figuier de Barbarie, qui croîtdans les crevasses brûlantes des rochers de Sion ,jusqu’aux saxifrages de la Laponie et du Spitzbergqu’il peut recueillir, avant que d’atteindre le pointle plus élevé du passage auquel toute végétationcesse. C’est une singulière contrée que celle quiréunit, dans un si étroit rayon, les productions etles climats de la zone torride et du pôle! Aprèsm’être élevé jusqu’à la ruine du château de Seyà ,