en fil de fer, réunit les deux rives, et aboutit, d’uncôté, à l’immense hôtel des Bergues. Ces dômes ,formés par la saillie des toits qui posaient sur despiliers grêles et d’une élévation prodigieuse , ontdisparu des rues, auxquelles ils ôtaient l’air et lalumière. Tout est devenu plus propre, plus com-fortable, plus symétrique, dans le bas de la villequi en était la partie honteuse, et rappelait cettehideuse queue de poisson qu’Horace rattache aubuste d’une belle femme 5 car on ne niera pas queles quartiers hauts ne soient beaux. L’entrée deGenève, par la porte de Savoie , est celle d’unegrande ville, et ces vastes hôtels, qui régnent lelong des terrasses, feraient partout un effet impo-sant. En revanche, il faut l’avouer, l’intérieurde la cité n’a pas gagné, et ne le pouvait pas. C’estlà que, selon l’expression d’un spirituel Genevois ,les maisons, étroites, resserrées, ont dû pousseren hauteur, faute d’espace. Ces ruelles sombres ettortueuses, ces misérables échoppes, ces boîtes ,dans lesquelles se claquemure, avec ses aiguilles,son fil et ses lacets, une pauvre mercière qui nepeut plus se retourner, dès qu’il entre un chalanddans sa boutique; cet étalage d’objets déjà vendusplusieurs fois et qui sont encore à revendre; cettepopulation babillarde, fourmillante , peu soignée
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