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méditatif, spirituel, mais dépourvu d’imaginationet de sensibilité. La preuve en est que Genève n’afourni au monde littéraire qu’un seul poète, ou,pour parler plus correctement, un homme sus-ceptible de le devenir, dans toute l’étendue del’expression ; on voit que c’est de J.-J. llousseauqueje veux parler; celui-là est poète , a dit Horace,qui, semblable à un magicien, me serre le cœurpar ses fictions, m’irrite, m’apaise et m’agite devaines terreurs. Les Genevois que j’ai connus iciou rencontrés ailleurs, m’ont paru, généralement,des hommes plus ou moins distingués par leur es-prit naturel et leur instruction. Leur entretien estsubstantiel et souvent agréable; ils s’exprimentcorrectement, et avec choix, mais ont, parfois, ledéfaut de s’écouter , de trop phraser leur conver-sation. Ils causent, pour ainsi dire, avec points etvirgules, ce qui est fatigant dans le discours fa-milier. Quant aux Genevoises , sauf les exceptions,elles se ressemblent presque toutes, sont toujoursbien et jamais mieux. J’ai entendu assurer qu’ellesétaient instruites , je n’en sais rien, car il n’est pasde chose plus difficile que d’avoir une conversa-tion suivie avec une femme, dans ce pays-ci. M. delionstetten attribuait cela à la crainte de se faireremarquer, de sc compromettre, et les dames de