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de rochers sans grandeur et sans caractère ; mais,après avoir dépassé les Monlets, la végétation re-prend, et le chemin, qui suit quelque temps letorrent, pour s’élever ensuite à mi-côte , vousoffre une succession non interrompue de beautéssévères et d’émotions nouvelles, jusqu’au hameaude Trient. C’est surtout en descendant à Cha-mouny, que j’ai trouvé ce passage admirable. De-puis les rochers de la Tête-Noire, cette gorge sau-vage, revêtue de forêts de sapins déjà dans l’ombre,s’ouvrait, pour laisser apparaître les aiguilles gra-nitiques du Mont-Blanc , et une partie de sa cimequ’illuminait le soleil à son déclin. C’est certaine-ment un des tableaux les plus poétiques et les plusimposans que la nature des Alpes m’aient encoreofferts.
Quand on a atteint le sommet de la Forclaz, lavue, jusqu’alors resserrée dans une vallée étroite,s’étend et plane sans obstacle sur un immense ho-rizon, embrassant tout le Valais et la double chaînedes Alpes , qui se réunit à la Furca et dont lesdeux revers parallèles forment cette longue etétroite vallée du Rhône , dans laquelle, pour meservir d’une expression du capitaine Sherwill, lefleuve fait l’effet d’un fil d’argent serpentant surun tapis verd. J’apercevais, sur ces hautes soin-