J’ridel, homme d’esprit, qui connaît à fond toutce qui a rapport à la Suisse et à son histoire. Je luidois beaucoup; outre ce que j’ai appris dans saconversation , j’ai puisé, dans son Conservateur ,plusieurs faits curieux.
Un de mes vieux amis m’a conté que passant àMontreux , en 1790, il fut vivement choqué devoir, sur la place du marché, une pauvre fille en-fermée dans une cage tournant sur un pivot, et enbutte aux risées et aux ignobles projectiles des po-lissons du village. Elle était là pour avoir justifiéla vérité d’un mot célèbre de Shakspeare '. Cettepunition dégradante était généralement employéeen Suisse , à cette époque, et ce pilori du bonvieux temps y portait le nom de trulle. J’en ai en-core vu un, il y a peu d’années, à l’entrée du pontde Dietikon , près de Zurich , et j’ai lu qu’il enexistait jadis un à Genève , sur la place du Molard,« pour enfermer les ivrognes. » On faisait alorsbon marché de la dignité de l’homme, ce que nulne songeait à trouver mauvais. Lorsqu’un individu,par exemple, condamné à une amende pour undélit correctionnel, ne pouvait, ou ne voulait
1. « Wotnan ! thy name is irailty ’• » Oh femme ! Ion nom(st fragilité.